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Le  mouvement occitan à la croisée des chemins
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Nous étions 15000 à Carcassonne en octobre 2005, 22000 à Béziers le 17 mars 2007 et 25000 à Carcassonne le 24 octobre 2009 à manifester pour la langue occitane. Qu’avons-nous obtenu ?
L’article 75- 1 de la Constitution de la République française qui dit que les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France » et la promesse d’une loi qui donnera un statut juridique à ces langues. C’était l’an dernier et le gouvernement se hâte lentement au point que des parlementaires de l’UMP, le parti du président lui-même se réunissent pour préparer un projet de loi eux-mêmes et sans doute le Parti Socialiste fera de même. La réforme des collectivités territoriales ne remettra en cause l’existence des départements et ne prévoit pas d’accorder plus de pouvoirs aux régions, surtout le pouvoir de lever l’impôt. Il est probable que le centralisme jacobin perdurera. La question incontournable est : que faut-il faire maintenant ? On parle de manifester à nouveau en un lieu non encore choisi en 2012, année électorale majeure. Entre temps, David Grosclaude, président de l’I.E.O a déclaré aux journalistes « Il faut désormais penser à un engagement plus énergique, plus radical. Je ne dis pas violent. » Une occasion se présente avec les élections régionales de mars 2010. Dans les régions occitanes où l’occitanisme politique représente une force, si petite soit-elle, il y a deux stratégies concurrentes : l’alliance avec des forces politiques hexagonales de gauche ou la constitution de listes purement occitanes indépendantes des partis politiques français. Le mouvement politique occitan est représenté par Libertat (l’ancien Anaram au patac) mouvement indépendantiste d’extrême gauche qui, pour le moment, n’a pas choisi la voie électorale, le Parti Occitan, autonomiste de gauche, membre de Régions et Peuples Solidaires, allié avec les Verts, País Nòstre qui rassemble des régionalistes surtout dans l’Aude et le Parti de la Nation Occitane, progressiste et indépendantiste. Le Parti Occitan, dans les régions où il a suffisamment de militants, sera présent sur les listes d’Europe-Ecologie. D’après nos informations à l’heure actuelle il aura deux militants en position éligible, peut-être un dans la région PACA ou Auvergne et un autre dans la région Aquitaine, David Grosclaude, qui vient d’adhérer au POC. Quant au P.N.O, il aide à la constitution dans la région Languedoc-Roussillon d’une liste, politiquement indépendante, de la mouvance occitano-catalane qui comprendra des encartés au P.N.O, a Unitat Catalana et des non encartés. C’est la seule région, semble t-il, où il sera présent sur une liste. Celle-ci sera conduite par l’entrepreneur gardois Christian Lacour qui a déjà l’expérience des élections régionales et européennes de 2004 où il était à la tête de la liste des régionalistes. Il est clair que cette liste n’aura pas d’élu et que son seul objectif est de faire le plus de voix possible et de faire éventuellement basculer la majorité politique au Conseil Régional. Elle aura comme concurrents la liste Europe- Ecologie avec de membres du POC et la Ligue du Midi, une tentative de récupération de l’identité languedocienne par l’extrême droite. Alors quelle est la meilleure de ces deux stratégies sachant que dans la région Languedoc le POC et le P.N.O, qui étaient alliés en 2004 sous la bannière de Lacour, seront concurrents et que País Nòstre est divisé entre ceux qui ne veulent pas aller aux élections, ceux qui veulent partir avec Lacour et ceux qui veulent partir avec Europe-Ecologie ? Pour un parti politique, quel qu’il soit, et surtout pour un parti politique occitan, le problème des alliances n’est pas facile à résoudre. Chez nous, les partis politiques sont succursalistes, c'est-à-dire qu’ils représentent le centralisme de Paris alors qu’en Catalogne de l’Etat espagnol les partis politiques, pour la plupart, se sont catalanisés. Les partis français ont tous à la fois des tendances jacobines et girondines. En outre, le clivage droite gauche est très marqué. Pour le POC, parti de gauche, il semble logique de s’allier avec les Verts et donc, s’ils réussissent à être présents au second tour, avec le Parti Socialiste. Le risque c’est que tout le mouvement occitan soit catalogué à gauche par l’opinion occitane. Bien sûr, ce ne serait pas une mauvaise chose que le POC ait des conseillers régionaux au moins pour obtenir des avancées sur le plan culturel parce que, sur le plan politique, ils ne pourront pas suivre une politique autre que celle des Verts. Donc, nous ne sortirons pas du domaine culturel et nous n’irons pas vers l’autonomie. (les Verts et le PS ne sont pas pour donner l’autonomie aux régions occitanes, bretonnes etc.) Nous, au Parti de la Nation Occitane, nous pensons qu’il faut préparer l’avenir et la prise du pouvoir, un jour, au niveau des régions. Assurément, ce ne sera pas pour demain mais créer des forces politiques autonomistes ou indépendantistes occitanes et se présenter aux élections sans alliances dangereuses et sous nos couleurs nous semble la seule voie pour obtenir l’autonomie comme celle des Aranais. Le POC a choisi une stratégie différente. Nous ne sommes pas pour autant ennemis. Que le meilleur gagne et surtout que la nation occitane se libère ! Le reste importe peu.
Jean-Pierre Hilaire Agen le 10 décembre 2009
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