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Lo Lugarn n° 97/98


lou lugarn
Nouveau programme de Sète adopté au Conseil National de Sète du 8 au 10 mai 2009


1) L'Occitanie est une nation, dont le territoire a été au cours de l’histoire, par alliances ou par la force des armes, annexé par d’autres nations.
Ce territoire est actuellement administré par les états français, italien et espagnol sur le plan politique, économique, social et culturel.
L’Occitanie n’a jamais réussi à se constituer en état unitaire englobant tout l’espace où la langue occitane est parlée (malgré l’extension du royaume d’Aquitaine et la tentative de création d’un état occitano-catalan tuée dans l’oeuf à Muret).
En Occitanie, le seul territoire indépendant actuellement est celui de l’Etat monégasque. Au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, le Parti de la Nation Occitane revendique, à terme, la création sur ce territoire pacifiquement réunifié d’une République fédérale occitane, souveraine, membre de l'Union Européenne et de l’ONU. Cette République sera l’aboutissement d’un processus d’émancipation nationale qui pourrait se réaliser par étapes (regroupement de régions, large autonomie interne, fédéralisation des états existants), morceau par morceau, peu à peu.
Certaines parties de l’Occitanie pourraient parcourir ces étapes plus vite que d’autres et devenir indépendantes en coexistant avec d’autres qui demeureraient pour un temps sous colonisation étrangère.
2) Le Parti de la Nation Occitane soutient toute politique visant à accroître dans tous les domaines, l'autonomie et la coopération entre les régions, départements et pays historiques occitans dans l’Etat français, le Conseil Général d’Aran et les vallées occitanes de la région Piémont en Italie, jusqu'à la libération complète de leur tutelle coloniale.
Les régions occitanes actuelles dans l’Etat français doivent être redécoupées, notamment en incluant les zones occitanes périphériques (rattachement du Confolentais au Limousin; création d'une nouvelle région Drôme-Ardèche, etc.) et en créant des régions Euskadi Nord et Catalogne Nord.
Le regroupement de régions occitanes est envisageable à condition qu’il ne se fasse pas de manière technocratique mais que les populations concernées soient consultées par voie de référendum.
La revitalisation de l'espace central de l'Occitanie nécessite la création d'une région Guyenne, de Bergerac à Mende.
Partenaires de leurs voisines européennes, elles doivent pouvoir également s'allier à celles-ci dans des euro-régions à vocation économique, culturelle et scientifique. Les 11 vallées occitanes de la Région Piémont en Italie doivent être constituées en une région occitane autonome à statut spécial. De même le Val d’Aran occitan devra dans un premier temps devenir autonome par rapport à la Généralité de Catalogne.
3) Au niveau local, cette affirmation identitaire doit également se faire sentir par la restructuration de l'espace à travers les petits pays, notamment historiques.
Seuls échelons de proximité après la commune, ces microrégions, en tant que bassins de vie et d'emploi doivent être également des vecteurs de cohésion sociale.
Rouage privilégié du centralisme parisien et de ses relais locaux, le département est appelé à disparaître ou bien à devenir une antenne locale de la région.
4) Des régions occitanes aux pouvoirs considérablement renforcés, dotées d’importants moyens financiers les rendant comparables aux « autonomies » de l’Etat espagnol, pourront en concertation étroite avec la population et les responsables socio-économiques, impulser le développement économique et aménager le territoire en tenant compte du sous-équipement et de la désertification de vastes zones d'Occitanie, situées en dehors de l’axe Bordeaux-Nice.
Cela passe par un rééquilibrage des transports entre la route, le rail (lignes est-ouest, généralisation du ferroutage), le transport fluvial et l’avion. Les investissements prioritaires à réaliser devront se faire dans le respect de l'environnement et des patrimoines naturel et culturel. Une collaboration de plus en plus étroite entre les régions permettra d'éviter les investissements faisant double emploi.
5) Ces investissements nécessitent d’importantes ressources financières dont elles disposeront en levant l’impôt sur place et en reversant aux institutions françaises et européennes une part négociée. La coopération entre les régions occitanes induit une solidarité économique.
L'épargne doit être mobilisée sur place afin que les citoyens occitans aient le sentiment de participer activement au développement régional.
La part de l'état dans la gestion des ressources du sous-sol, des grands moyens de production d'énergie, des infrastructures autoroutières et ferroviaires doit être transférée aux régions pour leur permettre, entre autre, de désenclaver les zones mal desservies par le réseau routier et ferroviaire.
 6) Les pouvoirs publics occitans interviendront, autant qu’ils le peuvent, pour un développement économique durable, créateur d'emplois :
- par la recherche et l'impulsion de nouvelles filières (protection de l’environnement, énergies nouvelles et renouvelables [solaire, éolien etc.]) La promotion de ces nouvelles filières ne signifie pas l’abandon d’énergies comme le pétrole pour lequel les forages doivent continuer, le gaz (dont les réserves semblent prometteuses en Provence)
Le nucléaire doit être limité en raison des problèmes liés à l’extraction de l’uranium et au stockage des déchets.
- par le soutien aux initiatives privées individuelles et collectives (coopératives notamment)
- par la promotion des productions occitanes, notamment à l'exportation, en s'appuyant sur les points forts et toutes les potentialités de l'économie occitane en matière d’agriculture, d’agro-alimentaire, d’énergie, de technologies avancées etc.
Cette volonté de développement visera en priorité les zones les plus défavorisées. L’objectif prioritaire est de faire en sorte que les habitants de la région soient suffisamment qualifiés pour pouvoir s’intégrer dans le marché local du travail si tel est leur désir et que les entreprises régionales occitanes soient suffisamment compétitives pour être bien placées, notamment dans les appels d’offre pour les marchés publics.
7) Dans un proche avenir les régions et les autres collectivités occitanes devront consacrer à la valorisation et à la promotion de la langue et de la culture occitane au moins autant de ressources que pour la langue et la culture française (respectivement italienne ou espagnole pour les collectivités rattachées à l'état italien ou espagnol et monégasque pour la Principauté de Monaco)
La reconnaissance des langues « régionales » dans la constitution française et dans la loi peut ouvrir la voie à l'officialisation de l'occitan et à la généralisation de son emploi dans la vie publique.
La connaissance de l’occitan sera un plus pour l’accès aux postes de la fonction publique.
L'enseignement, que le Parti de la Nation Occitane souhaite placé sous la responsabilité des régions, sera progressivement entièrement organisé selon le modèle bilingue d'immersion précoce (ce qui n’exclut pas l’apprentissage des langues étrangères). Il devra apporter à tous les enfants la maîtrise de la langue occitane et une ouverture vers les langues et cultures de plusieurs autres peuples.
Un service public de formation des adultes à la langue et à la culture occitanes sera organisé par les régions pour répondre à la demande de récupération de l'identité nationale, la demande d'intégration des populations nouvellement installées, et aux besoins induits par la généralisation de l'occitan dans la vie publique.
Un enseignement supérieur et une recherche scientifique autonomes et largement décentralisés seront sollicités pour accompagner cette politique de renaissance linguistique.
Le Parti de la Nation Occitane est conscient que le processus de récupération et de socialisation de la langue occitane sera long. Il peut être impulsé par les pouvoirs publics occitans mais son succès dépendra avant tout des Occitans de souche ou d’adoption.
8) L’Occitanie est une terre d’accueil pour les immigrés du Sud (en particulier du Maghreb pour des raisons historiques) et du Nord (Français et ressortissants d’autres pays de l’Union européenne). Leur bonne intégration passe forcément pour l’instant par la connaissance de la langue de la République française, le français, mais à terme elle passera aussi par la connaissance de l’occitan qui devra être un plus pour les postulants à un emploi public.
Elle passe aussi par le respect des règles de vie commune dans une société démocratique et exclut le communautarisme.
9) Conscients de la fragilité de la biosphère, du réchauffement climatique dont l’activité humaine est en partie responsable et de ses conséquences prévisibles admises par la majorité des scientifiques, le Parti de la Nation Occitane entend léguer aux générations futures une Occitanie vivable.
Le développement économique et culturel doit être accompagné d'une réelle politique de l'environnement. La sauvegarde des milieux naturels fragiles doit aller de pair avec la recherche d'un taux de pollution réduit au minimum grâce à l’utilisation d’énergies propres et renouvelables autant que possible.
Croissance économique et respect de l’environnement ne sont pas incompatibles.
La recherche et l’utilisation d’énergies vertes sera fortement créatrice d’emplois en Occitanie. Les sciences et les techniques sont à mobiliser dans cette direction.
10) L'initiative individuelle et collective, notamment de type coopératif, dans le cadre d’un système d’économie mixte, semble apte aujourd’hui à assurer le développement harmonieux de notre pays.
La priorité des pouvoirs publics occitans nationaux et régionaux ne sera pas de gérer les entreprises mais d’aider celles qui créent des emplois sur place et contribuent au développement économique local.
L’Etat de la République fédérale occitane aura également pour mission de :
- Maintenir l’ordre public
- Gérer la fonction publique qui ne doit pas avoir un poids excessif par rapport au secteur privé
- Garantir le système de retraites qui devra évoluer en fonction du vieillissement de la population.
- Veiller à la solidarité intergénérationnelle et à la prise en charge de la dépendance.
- Assurer le renouvellement des générations en donnant le choix aux parents entre un salaire parental et l’accès au système de garde de la petite enfance.
- Garantir avec les partenaires sociaux, un système de protection sociale équitable (assurance maladie et chômage) dont le coût soit supportable par la collectivité.
- Garantir la solvabilité du système bancaire en accord avec ses partenaires européens et veiller à ce que les banques soutiennent la création des entreprises et financent les investissements des PME et des PMI.
11) Une République fédérale occitane devra, selon le Parti de la Nation Occitane, être solidaire des luttes menées démocratiquement et pacifiquement pour leur émancipation par les diverses nationalités.
Pour pouvoir exprimer tout leur potentiel économique, culturel et social, les peuples doivent pouvoir jouir de la plus large autonomie possible et exercer leur droit à l'autodétermination.
Sans attendre ce stade, dans l’immédiat, l'Etat français doit signer et appliquer les textes en faveur des nations sans état et donc, entre autres, ratifier la charte européenne des langues régionales et minoritaires et la convention européenne pour la protection des minorités nationales du Conseil de l'Europe.
12) Favorables à une construction européenne raisonnable, le Parti de la Nation Occitane entend voir limitées au maximum les décisions bureaucratiques prises au nom des peuples, en vertu du principe de subsidiarité. Les peuples doivent être consultés sur tous les sujets d'envergure engageant leur destinée.
Au sein de l'Union Européenne, la dimension ethnoculturelle doit être véritablement prise en compte.
Le Parti de la Nation Occitane appelle de ses voeux l’accession à l'indépendance des peuples de l'outre-mer français (Antillais, Guyanais, Kanaks, Maoris, Mahorais et Corses).
 Dans le même ordre d'idées, il soutient fraternellement les aspirations à la liberté des autres nations sans Etat.
Rendre leur liberté à tous les peuples sans exception, c'est oeuvrer pour la paix.
La paix, ce n’est pas un protectionnisme illusoire et un repli sur soi fauteur de guerre commerciale et de régression du niveau de vie, c'est la redéfinition des relations économiques internationales sur des bases équitables pour une plus grande solidarité et une meilleure compréhension entre les peuples.
L’Occitanie, historiquement terre de passage et d’ouverture n’a pas vocation à vivre en autarcie.
 Elle aura des relations avec toutes les autres nations du monde.
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