Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 Réaction au vote du 29 novembre dernier en Suisse
minaret57 % des Suisses qui ont participé à la votation du 29 novembre dernier (soit 55 % de la population) refusent la construction de nouveaux minarets pour les mosquées.
Aussitôt une tempête politico-médiatique se déclenche à l’échelle de la planète pour dénoncer, à de rares exceptions près dont celles d’intellectuels musulmans d’ailleurs, un vote qualifié de honte pour la Suisse.
Les Suisses sont-ils donc d’affreux fascistes islamophobes sous prétexte qu’ils ont dit non aux minarets, contrairement aux sondages qui semblaient leur dicter la réponse, sur la proposition de deux partis politiques « réputés » d’extrême droite ? Je propose d’examiner les faits de manière aussi dépassionnée que possible.
Remarquons tout d’abord que la plupart des cantons à de très rares exceptions près ont voté pour l’interdiction que ce soit chez les francophones, les germanophones, les italianophones ou les Romanches.
Ensuite, il ne s’agissait pas d’interdire la construction de nouvelles mosquées, ce qui serait contraire au respect des droits de l’homme, (fort peu présent dans les pays musulmans au demeurant) mais celle des minarets.
Rappelons que le minaret est une grande tour, d'où le muezzin lance l'appel à la prière. Cette tour n’a pas de caractère religieux. Mais l’appel public à la prière du haut du minaret tel qu’il se pratique dans les pays musulmans peut être considéré en Occident comme une revendication politico-religieuse.
Certains vont plus loin et y voient un élément d’architecture militaire correspondant bien à la nature conquérante de l’Islam (l’Andalousie en sait quelque chose).
Beaucoup de musulmans pensent que les minarets ne sont pas nécessaires pour la prière en pays non-musulman.
On a beaucoup critiqué les affiches du parti populiste suisse appelant à refuser les minarets. Elles représentent une femme vêtue d’un voile intégral à côté d’une mosquée hérissée de minarets qui ont la forme de missiles (allusion évidente au terrorisme islamiste).
On l’accuse d’avoir joué sur la peur sans se demander si cette peur ne pourrait pas avoir une justification quelconque.
Ne serait-ce pas que les musulmans ont un déficit d’image dans l’opinion helvétique et dans bien des pays du monde ? Un déficit en Suisse d’abord.
En 40 ans, les musulmans de Suisse sont passés de 20000 à 400000 et ils sont (pas tous bien sûr mais des minorités agissantes très significatives) de plus en plus revendicatifs.
Ils refusent massivement la conversion de musulmans à d’autres religions et s’y opposent souvent par la violence.
Ils exigent des non-musulmans qui épousent une musulmane de se convertir à l’Islam.
Ils veulent que les femmes puissent se voiler et porter la burqa.
Ils refusent les cours de natation pour les filles musulmanes, les médecins hommes pour soigner les femmes musulmanes.
Ils veulent l’abattage rituel des animaux, l’application partielle de la Charia avec leurs propres tribunaux, leurs cimetières à part.
Ce ne sont certes pas des signes d’intégration au pays d’accueil.
Comme dans tous les pays développés, les Suisses lisent les journaux, écoutent la radio, regardent la télévision et surfent sur le Web.
Ils savent qu’en Arabie Saoudite, gardienne des lieux saints de l’Islam, qui finance la construction de beaucoup de mosquées dans le monde avec l’objectif clair de faire du prosélytisme pour sa version rigoriste de l’Islam, la construction d’églises est interdite et que ceux qui y pratiquent une autre religion que l’Islam même à titre privé sont emprisonnés ou expulsés.
Ils savent aussi que le discours dominant véhiculé par les média dans la majorité des pays musulmans est que les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats Unis sont une supercherie montée par la CIA et le Mossad pour discréditer les musulmans et que les musulmans sont persécutés par l’Occident en Irak, en Afghanistan, au Moyen Orient et dans les banlieues des pays occidentaux et que les attentats suicide y sont justifiés par beaucoup.
Un autre déficit d’image qui a de quoi inspirer la peur.
Le refus des minarets traduit sans doute une certaine peur de l’envahissement démographique. Les minarets sont peut-être la face émergée de l’iceberg.
Le paysage et l’architecture font partie de la culture des peuples. La prolifération des minarets constituerait à coup sûr une rupture historique.
Il faut qu’un pays ait une culture dominante contrairement aux billevesées répandues par les tenants du multiculturalisme.
La Suisse, comme le reste de l’Europe a des racines judéo-chrétiennes. Elle doit être ouverte aux autres à condition que ceux-ci respectent ses valeurs.
Il faut un dialogue sans concessions et sans anathèmes entre les musulmans de Suisse et les autres Suisses.
Les musulmans ont certes des droits garantis par la constitution helvétique mais, ils ont tendance à l’oublier, ils ont aussi des devoirs.
Le vote des Suisses, avec tout ce qu’il sous-entend, a valeur d’avertissement. Ils n’ont pas été sensibles aux recommandations sous forme de chantage de leur gouvernement selon qui l’interdiction des minarets n’empêcherait pas l’activisme des islamistes radicaux, menacerait la paix religieuse et favoriserait la radicalisation des musulmans voire les attentats terroristes en Suisse, serait très mal reçue dans le monde et aurait des répercussions économiques désagréables (en clair les investisseurs des monarchie pétrolières du Golfe pourraient retirer leur argent. Autrement dit le chantage au portefeuille) Pour ce qui de la réception chez nous, en tout cas, un premier sondage du magazine "Le Point", version électronique montre qu’une majorité écrasante d’internautes approuve les Suisses, dénonce le fossé entre les élites et le peuple et plébiscite la votation comme instrument de démocratie directe. De quoi donner du grain à moudre à nos élus, notre gouvernement et l’intelligentsia.
Le vote des Suisses tombe en plein débat sur l’identité française.
Je suis un des dirigeants du Parti de la Nation Occitane et je m’exprime ici uniquement en mon nom personnel mais je relie ce qui s’est passé en Suisse avec les incidents récents qui ont suivi la victoire de l’équipe de football d’Algérie et sa qualification pour la Coupe du Monde l’an prochain.
La religion fait partie de l’identité mais c’est la langue qui en est le vecteur prédominant. Actuellement, même si l’Occitanie n’a aucune reconnaissance officielle, nous nous définissons comme citoyens de la République française de nationalité occitane quelle que soient nos croyances religieuses ou philosophiques.
Les musulmans sont citoyens de la République française d’abord et musulmans ensuite et pas l’inverse.
De même, ils ne peuvent pas être à la fois algériens (arabes ou berbères) et français.
Donc arborer un T-shirt avec un hexagone sur fond de drapeau algérien est un non sens dangereux qui prête le flanc à ceux qui pensent qu’ils veulent conquérir la France.
Si un jour, comme je l’espère, une République occitane voit le jour, les immigrés en situation régulière qui y résident, qu’ils soient musulmans ou non, seront citoyens de cette République dont ils devront respecter les lois. Ils y auront des droits mais aussi des devoirs comme tous les citoyens occitans.
Merci aux Suisses qu’ils soient romands, alémaniques, italiens ou romanches d’avoir provoqué un débat nécessaire chez nous.
Jean-Pierre Hilaire
Vice-président du Parti de la Nation Occitane
Tag(s) : #Tribune libre