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Message aux adhérents et sympathisants
du Parti de la Nation Occitane
BONNET FelipLe Parti de la Nation Occitane en alliance avec des forces occitanistes, catalanistes et régionalistes avait été présent aux Elections Régionales des 21 et 28 mars 2004 dans la région Languedoc-Roussillon sur une liste conduite par Christian Lacour, entrepreneur nîmois. Cette liste, dans un contexte politique difficile, avait obtenu 1,27% des suffrages soit 13525 voix. C’était un début.
Pour transformer l’essai, le Parti de la Nation Occitane, avait décidé d’être également présent aux élections européennes du 13 juin 2004 dans la grande circonscription englobant les régions Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées et Aquitaine avec à nouveau Christian Lacour comme tête de liste mais sans le Parti Occitan cette fois. Il était donc logique que le P.N.O, fidèle à sa stratégie d’indépendance par rapport aux partis politiques français et de conquête du pouvoir pas à pas dans les régions occitanes, cherche, en alliance avec les autres forces politiques occitanistes et catalanistes, à se présenter aux Elections Régionales dans une région, le Languedoc-Roussillon, où il était suffisamment fort et où la terre avait déjà été labourée. Il était normal que Christian Lacour, chef d’entreprise, meneur d’hommes et de femmes et régionaliste sincère, à défaut d’être nationaliste occitan, soit sollicité à nouveau pour conduire une liste d’union. Malheureusement, le contexte politique de 2010 est bien différent.
Le Parti Occitan qui, en Languedoc du moins, avait accepté de partir avec Lacour pour les élections régionales de 2004, avait choisi cette fois l’alliance avec Europe Ecologie dans les régions où il est présent.
En Aquitaine, il a la possibilité d’avoir un conseiller régional en la personne de David Grosclaude, tout nouveau membre du POC et de RPS (Régions et Peuples Solidaires). Pour revenir au Languedoc, la liste Lacour qui savait ne pas pouvoir compter sur le POC cette fois, espérait que dans l’Aude au moins, País Nòstre serait de leur côté. Or, après bien des tergiversations, País Nòstre, très divisée, a finalement opté pour l’alliance avec Europe Ecologie.
Quant aux Catalans d’Unitat Catalana qui étaient disposés à suivre Lacour, tout en négociant en coulisse avec l’UMP pour une place éligible dans les Pyrénées Orientales, ils ont décidé à la suite de la défection de País Nòstre de se retirer.
La situation devenait du coup difficile pour la liste Lacour, ne serait-ce d’abord que pour trouver suffisamment de personnes pour figurer sur la liste en respectant la parité hommes-femmes.
Il y avait ensuite le coût prohibitif d’une campagne a minima, à savoir 45000 euros que Christian Lacour, au demeurant moins motivé qu’en 2004, n’était pas prêt à assumer tout seul.
Il aurait fallu localement aussi une locomotive et une équipe de gens très disponibles pour mener la campagne. En 2004, cette locomotive avait été Jacques Ressaire. Or, nul n’ignore qu’en raison de graves problèmes de santé, il ne peut plus jouer ce rôle et les rescapés de l’équipe de 2004 se trouvèrent submergés et déconcertés par l’ampleur de la tâche.
Des solutions palliatives de dernière minute ont bien été envisagées.
Pour réduire les frais, il était prévu un système de téléchargement des bulletins de vote sur Internet, déjà pratiqué par un parti basque sans résultats probants d’ailleurs.
Pour trouver les 19 personnes qui manquaient sur la liste à la dernière minute, Jacques Ressaire avait pris contact avec un responsable musulman de sa région, Marocain d’origine, avec qui il avait discuté d’Occitanie et d’ethnisme et qui se faisait fort d’apporter sur un plateau les 19 personnes manquantes avec, bien sûr, beaucoup d’inconnues sur la motivation réelle de ces gens et le risque d’être attaqué pour communautarisme.
Mais comme Christian Lacour a annoncé qu’il jetait l’éponge, ces solutions de pis aller sont devenues caduques.
Il n’y aura donc pas de liste Lacour.
Faut-il pour autant jeter l’anathème sur les occitanistes de País Nòstre et du Parti Occitan parce qu’ils ont choisi une stratégie politique différente de la nôtre ?
Certes, on peut comprendre la déception et l’amertume de nos militants (pas seulement en Languedoc d’ailleurs, les camarades de Nice que Pèire Costa semble prendre pour des larbins en savent quelque chose.)
Pour autant, il faut penser à l’avenir. Si David Grosclaude devient conseiller régional en Aquitaine (ce n’est pas acquis), cela ne sera pas une mauvaise chose. Néanmoins, nous continuons de penser que l’alliance avec les partis français (très déséquilibrés d’ailleurs) est une illusion. Ce n’est pas grâce aux écologistes et aux socialistes que le Parti Occitan obtiendra l’autonomie des régions occitanes.
La seule chose que, selon toute vraisemblance, ils pourront obtenir c’est une politique linguistique plus soutenue en faveur de l’occitan (du moins dans certaines régions).
Ils ne tarderont pas, pour le reste, à s’apercevoir des limites de leur alliance avec les Verts et la gauche non-jacobine.
Nous demeurons persuadé que seul un bloc véritablement occitaniste, indépendant des partis parisiens est salutaire pour l’avenir de l’Occitanie.
C’est pourquoi, il est important de ne pas diaboliser POC et País Nòstre et de dialoguer avec ses mouvements. Ce ne sont pas nos ennemis, ce sont nos compagnons de lutte même si nous avons des divergences et si notre attitude d’ouverture à leur égard n’est pas pour l’instant payée de retour.
Demain, il y aura d’autres échéances électorales et, qui sait, si nous n’avons pas coupé les ponts, ils seront à nos côtés comme en 2004. C’est la voie la plus exigeante mais c’est la seule qui nous mènera un jour à l’émancipation nationale.
Foin de rancœur ! Concentrons nous maintenant sur l’essentiel, c'est-à-dire la rénovation du P.N.O, d’abord en répondant au questionnaire, si ce n’est déjà fait, et surtout en venant à Avignon pour le Conseil National du week-end de Pâques et ce, malgré les contraintes familiales et économiques. L’enjeu est simple, c’est la survie et le développement du P.N.O, 50 ans après sa création. A n’en pas douter, vous en êtes tous conscients.
Visca Occitània Liura !
Le 20/02/2010
Felip Bonnet
Président du Parti de la Nation Occitane






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