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 Point de vue
Le fossé entre les nationalistes occitans et le peuple occitan

Hilaire Jean-PierreJ’ai souvent l’impression que nous, nationalistes occitans  avons d’excellentes idées sur la maniére de libérer notre nation mais que malheureusement nous sommes à des années lumière des préoccupations des Occitans. Plus de cinquante ans après sa création, notre parti demeure confidentiel. Il compte peu de femmes et de jeunes et ses cadres vieillissent. Il n’a pas de visibilité sur le plan électoral. Peut-être est-ce un parti trop idéologique et élitiste. Nous parlons certes de rénovation mais sommes-nous capables de la mener à bien ? Pouvons-nous recruter si nous ne répondons pas aux préoccupations prioritaires de nos compatriotes ?
 
Nous allons vers eux la bouche en cœur, persuadés que nous sommes du bien fondé de nos idées. Seulement trop souvent, ils ne savent même pas ce qu’est l’Occitanie ni qu’ils sont occitans. A supposer qu’ils le sachent, sont-ils concernés par la mort possible de l’occitan ? Certains oui mais ils adoptent une attitude fataliste. Beaucoup n’en ont cure, surtout ceux qui viennent d’ailleurs. Faut-il tout reprendre à zéro ? On peut aborder le dialogue en prenant un autre angle : les inconvénients d’un pays hypercentralisé, les avantages d’un pouvoir régional fort, de l’autonomie, du fédéralisme, de l’indépendance. Mais comment aborder cette discussion sans partir à la base de leurs préoccupations de citoyens ordinaires.
 
Nous vivons une grave crise économique qui touchela France, l’Europe et le monde. A quoi pensent les gens quand ils parlent d’autre chose que le temps qu’il fait ou de sports, sujets consensuels s’il en est. S’ils ont un emploi dans le privé, ils se demandent s’ils vont le garder. Qu’ils soient dans le public ou le privé ils regardent leur pouvoir d’achat. Ils pensent aux études de leurs enfants. Vont-ils pouvoir les financer ? Et s’ils sont malades, continueront-ils à être pris en charge par la Sécurité sociale avec son déficit abyssal. Ils vont devoir comme dans les autres pays européens travailler plus longtemps pour partir en retraite. Leurs retraites seront-elles financées ?
 
L’essence ne va-t-elle pas continuer à augmenter ? Pourront-ils continuer à utiliser leurs voitures ?
 
Si on renonce au nucléaire, faudra t-il payer davantage pour l’électricité. Quand ils seront vieux et dépendants pourront-ils payer pour rester chez eux ou aller dans une maison de retraite.
 
Que penser de l’Europe ? Faut-il plus ou moins d’Europe ? Est-il normal de payer pour les Grecs ?
 
Nos banques vont-elles faire faillite et allons-nous perdre nos économies ? Faut-il sortir de l’euro ? Restaurer le protectionnisme ? Empêcher les fermetures de gares et d’agences postales ? Refuser par principe la construction de nouvelles LGV ? Dire non à l’immigration qu’elle soit choisie ou non ? Interdire les délocalisations ? Fallait-il intervenir en Libye, en Afghanistan ?
 
Je pourrais encore allonger la liste mais une chose est certaine, les préoccupations de nos compatriotes ne rejoignent que rarement les nôtres en tant que Parti de la Nation Occitane.

C’est là que le bât blesse. Le rôle d’un parti politique est de répondre aux aspirations des citoyens. C’est la condition de son succés. La question centrale pour nous est de trouver des ponts entre les préoccupations des Occitans et ce que nous avons à leur proposer. Cela signifie concrétement que nous devons réfléchir à tous ces sujets (je n’en ai pas donné une liste exhaustive) et voir ce que nous avons à proposer (il sera difficile d’avoir des propositionsn sur tout !) en articulation avec notre programme. Leur situation serait-elle meilleure s’ils étaient autonomes ou plus tard indépendants et pourquoi ?
 
Je n’ai pas de solutions toutes faites mais il me semble qu’on devrait y réfléchir et ne pas se contenter de leur asséner notre programme sans résultats probants sur le plan des adhésions.
 
JP Hilaire
 

Tag(s) : #Tribune libre