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Identité Nationale   
par Jean-Pierre Hilaire, vice-président du Parti de la Nation Occitane
  
Parti de la Nation OccitaneLe gouvernement de la République française lance un débat qui va durer trois mois sur l’identité nationale avec deux questions posées :
« Pour vous, qu’est-ce qu’être français aujourd’hui ? » et
« Quel est l’apport de l’immigration à l’identité nationale ? ».
L’intitulé de la deuxième question montre bien que ce qui fait débat est justement l’immigration et principalement celle en provenance du Maghreb et de l’Afrique sub-saharienne.
Mais commençons par la première question.
Le Parti de la Nation Occitane, héritier de François Fontan et de l’ethnisme, peut y apporter une réponse certes juste de notre point de vue mais maximaliste du point de vue de l’opinion publique occitane qui n’est pas faite seulement, loin s’en faut, d’Occitans d’origine. De ce point de vue, la France a construit au cours des siècles un état, résultat de conquêtes militaires, de mariages et d’alliances.
Cet état qui est censé sublimer les différences ethniques ne se confond toutefois pas avec la nation française si on considère avec François Fontan que la langue est l’indice synthétique de la nation.
C’est un état pluri-national ou, ce qui revient au même, multi-ethnique.
Il comporte une partie de la nation française mais n’inclut pas la Wallonie, la Suisse romande, le Val d’Aoste et le Québec.
On y trouve également la nation bretonne dans son intégralité, le Westhoek dans la région de Dunkerque, morceau de la nation flamande, l’Alsace et la  Lorraine alémanique qui font partie de la nation allemande, la Corse dont le Nord italien et le Sud sarde, le Roussillon qui, à part le Fenouillède, est catalan et, à ce titre fait partie des pays catalans inclus dans l’Etat espagnol et enfin le Pays Basque dit « français » artificiellement séparé du Pays Basque « espagnol » par la frontière étatique entre la France et l’Espagne.
Si la France est un état multi-national, il s’ensuit que la première question ne s’applique pas aux Occitans puisqu’ils ne sont pas français ou plus exactement dans la situation administrative qui est la leur actuellement, ils sont citoyens de la République française de nationalité occitane.
Le problème étant que cette République n’accepte pas la distinction entre citoyenneté et nationalité.
Les Occitans n’ont donc aucune existence officielle.
Le Parti de la Nation Occitane et ses militants doivent-ils participer aux débats qui vont se tenir dans les préfectures pour faire passer le message suivant : nous ne sommes pas français, non seulement nous voulons être reconnus comme Occitans mais nous voulons l’autonomie pour les régions occitanes et à terme la création d’une République confédérale occitane, membre de l’Union européenne ?
Devrons-nous tenir le même discours dans le cadre de la campagne pour les élections régionales ?
Dans l’affirmative, nous n’allons convaincre qu’une infime minorité d’Occitans et nous n’obtiendrons qu’un score testimonial aux élections.
Comment, sans renoncer à nos idées, pourrions-nous les faire passer en douceur ? Puisqu’on utilise actuellement le terme vague d’identité, nous parlerons d’identité plurielle partant du bas vers le haut. Ainsi par exemple sera-t-on bordelais, gascon, occitan, français (par la force des choses et pour le moment), européen.
À chacun de définir quelle est l’identité essentielle et profonde pour lui.
Nous lui suggérerons que c’est l’identité occitane.
C’est un discours plus pragmatique que l’on peut tenir à la population occitane, que les gens soient occitans d’origine ou non, et aux élus qui sont généralement chatouilleux sur l’identité française.
Quand je m’adresse au maire d’Agen, il ne me suit pas si je lui dis que nous ne sommes pas français. Il faut aussi dédramatiser les notions d’autonomie et de République occitane.
Il ne s’agit pas de vivre en autarcie et de couper tous les ponts avec la France, pas plus qu’il ne s’agit de forcer tout le monde chez nous à parler occitan.
Concrètement, il convient de se battre, comme nous l’avons fait à Carcassonne le 24 octobre, pour une loi de la  République française donnant un statut officiel aux langues de France.
Il convient également de faire pression sur toutes les régions occitanes pour qu’elles mènent une politique linguistique audacieuse en faveur de l’occitan (il y a plus à espérer d’elles que de l’état).
Pour autant, il ne doit pas y avoir de barrière entre le culturel et le politique.
L’identité occitane sera d’autant plus respectée que nous aurons un véritable pouvoir régional fort en Occitanie.
Voilà pourquoi, il est capital que nous nous présentions aux élections régionales sur des listes de préférence autonomes mais aussi en alliance avec d’autres forces (seul le résultat compte). Si nous avons des élus, tant mieux ! Même si nous faisons des scores modestes en ne comptant que sur nos propres forces (Liste Christian Lacour aux Elections régionales en Languedoc-Roussillon) nous pouvons faire pencher la balance au second tour et obtenir des avancées.
  
Concernant l’immigration, remarquons d’abord que l’Occitanie, de par sa situation géographique, a toujours été un terre de passage et d’accueil. Le peuple occitan est donc composite.
On sait bien cependant que la question de l’apport de l’immigration se pose en raison de l’échec relatif de l’intégration des Arabo-musulmans et de la montée d’un Islam fondamentaliste. Mais chez nous, en Occitanie, l’immigration vient aussi de la France ethnique et de l’Union européenne attirées par le « sunbelt occitan ». 
Le discours : tous ceux qui vivent en Occitanie sont occitans se heurte à la réalité qui est que seule une petite minorité de ces immigrés se sentent occitans. Cela démontre, s’il en était besoin, que tant que nous resterons dans un cadre juridique strictement français, nous ne pourrons pas inciter plus énergiquement les Occitans d’adoption à s’intégrer à notre mode de vie et à apprendre notre langue. Pour l’instant, il s’agit de réagir aux pistes envisagées par le gouvernement.
  
S’agissant de l’obligation faite aux jeunes de chanter la Marseillaise au moins une fois par an, malgré les réserves que l’on puisse avoir sur ce symbole et le contenu des paroles, nous pourrions dire :
-pourquoi pas ? Si dans le même temps on leur apprend l’hymne qui correspond à leur identité, pour nous le Se canta.
Quant aux dérives observées chez certains musulmans, nous devons maintenir notre hostilité au voile comme à la Burqa (peut-être faut-il une loi en invoquant des raisons de sécurité) et aux piscines et gymnases réservés aux femmes.
De même, nous n’approuvons pas que la Marseillaise soit sifflée dans les stades où l’on peut aussi chanter d’autres hymnes dont le nôtre.
De manière générale, l’Islam fondamentaliste doit être combattu énergiquement car il représente un grave danger pour l’avenir de l’Europe.
Le poids démographique des musulmans en Europe va s’accroître dans les prochaines décennies.
Jusqu’ici c’est surtout une minorité radicale, qui ne reconnaît comme constitution que le Coran, qui a fait entendre sa voix. Ses valeurs sont incompatibles avec une République démocratique.
Reste à savoir si la majorité des musulmans laissera faire et restera silencieuse ou si l’Islam en terre non islamique comme dans les pays islamiques se réformera de l’intérieur comme l’a fait le christianisme. L’enjeu est de taille.
C’est un débat nécessaire qu’il faudra aborder sans anathèmes mais aussi sans tabous.


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