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Réunion du Manifeste Occitaniste du samedi 5 janvier 2013 à Auch, salle des Cordeliers


Aush Manifeste occitaniste

Réunion du Manifeste Occitaniste du samedi 5 janvier 2013 à Auch, salle des Cordeliers

Il y avait 30 personnes à peu près, un chiffre respectable mais un peu décevant compte tenu de l’intense publicité faite sur Internet et les réseaux sociaux et de l’annonce de la réunion dans la Dépêche du Midi, moins si l'on tient compte du temps très hivernal et de l'épidémie de de grippe. S’il n’y avait pas une foule dense, il y avait des présences intéressantes, notamment celle d’élus :

Occitanistes connus :

Guy Menon, Lussan

 Christophe Viaut, Monfort

Jean-Luc Davezac, L'Isle-Jourdain (PS)

Enric Chavarot Faget Abadiau (maire EELV)

Olivier Martin

Jan Urroz, POC

Non occitanistes mais proches de nous :

Pierre Tabarin, Auch (divers droite)

Yves Imbert, Lanne-Soubiran (Alternatifs)

Comme politiques engagés sans mandat d'élu :

Alexis Boudaud, porte-parole EELV Gèrs.

Le P.N.O de l’Agenais était représenté par Jean-Pierre Hilaire, co-président, Janine Cazes-Grande, coprésidente, Gèli Grande, trésorier, Joan-Luc Granet et Jeròni Piques.

La réunion était organisée (excellemment !) par Georges Nosella du Café gascon et de l’IEO 32. Une liaison Internet dans la salle permettait à ceux qui ne l’avaient pas encore fait de signer en ligne le Manifeste (le nombre des signataires progresse !). La presse avait été invitée et a fait son travail puisque Sud Ouest et la Dépêche ont publié un article sur la réunion le lendemain, le meilleur étant celui de la Dépêche. La réunion était animée par Georges Nosella, David Grosclaude et Guilhèm Latrubesse qu’il est inutile de présenter. A noter que Nosella m’ a demandé de venir à la tribune en tant que coorganisateur de la réunion et que j’ai pris la parole pour expliquer pourquoi des militants du P.N.O étaient impliqués dans la démarche du Manifeste. Nous sommes obligés de constater qu’aucun membre du POC dans le Lot-et-Garonne (j’ignore s’il y en a dans le Gers) n’était présent. Je ne prétends nullement faire un compte rendu objectif de cette réunion où les interventions pendant trois heures d’horloge ont été riches. Je me contenterai de relever des points qui me paraissent importants.

David Grosclaude est clair sur le fait qu’il ne s’agit pas seulement d’avoir des élus municipaux mais de créer un réseau d’élus dans les communes grandes, petites et moyennes et les intercommunalités. Il faut dépasser le nombre actuel d’élus occitanistes. Revenant sur la désaffection vis-à-vis des partis politiques traditionnels, David n’y voit pas de la part des gens un dégoût de la politique. La politique, tout le monde en parle mais cela se limite souvent à des discours de café du commerce. Plus que d’adhérer à des partis, ce que les gens souhaitent aujourd’hui c’est s’engager sur des projets. Nous, occitanistes, proposons un projet et nous sommes pragmatiques.

Quelqu’un dans la salle demande qu’il soit fait un bref compte rendu de la réunion de Pau en décembre. La réforme territoriale y a été abordée. On ne peut pas ne pas être présents dans les nouvelles instances. L’enjeu c’est de faire entendre nos demandes et pas seulement sur la langue. La langue bien sûr mais cela ne fait pas manger les gens. Comme occitanistes,par exemple, nous avons à défendre le service public en milieu rural (poste, gendarmerie, école etc.)

Il est fait état de la création d’une crèche bilingue dans la vallée d’Ossau, de la bagarre avec la CAF qui y était hostile. Si on avait eu des élus occitanistes, cela aurait été plus facile. La question suivante est posée : si on se présente aux élections, on se présente avec qui ? David cite l’exemple du Pays Basque et notamment de Max Brisson, UMP, sarkozyste pur sucre, qui lui a dit n’avoir aucun problème pour travailler avec les abertzale (nationalistes basques). Si nous avons des élus qui peuvent se concerter, les objections tombent. Exemple, la signalétique bilingue qui serait trop chère. On peut répondre, c’est faux et on a un dossier technique pour le prouver. On peut expliquer ce qu’il est possible de faire. L’objectif c’est d’avoir des groupes locaux bien organisés pour gérer le système.

Il faut se fixer comme objectif une convention en mai-juin pour établir un programme municipal (plateforme). En septembre, il faudrait publier les noms des candidats qui s’engagent sur ce programme, étant entendu que chacun garde ses convictions personnelles mais on intègre l’idée occitaniste dans le combat politique.

Le Manifeste peut-il être modifié demande quelqu’un. Réponse : il est bloqué puisqu’il est le fruit des discussions (auxquelles le P.N.O a participé) par contre la base programmatique des candidats reste à faire ainsi que le code de conduite ou règlement intérieur.

Quel programme porterons-nous ? La démarche partisane ne marchera pas. Nous devons proposer des choses concrètes à faire dans les communes et être identifiés en tant que groupe organisé et correspondre à la demande sociale (exemple le maire de droite de Biarritz, Borotra, qui accepte de créer une ikastola parce qu’il y a une demande de la population relayé par les nationalistes.)

Suivent une série d’interventions de la part d’individus et d’élus. A quelqu’un qui ne voulant pas employer le mot échec parle de non-succès (sic !) de l’occitanisme, Gèli Grande répond que dans les années 80, nous ne pouvions mobiliser que de petites centaines de personnes et que nous étions 30000 à Toulouse le 31 mars 2012. M. Davezac, ami de Jeròni, dit sa peur avant de venir à Auch et finalement sa satisfaction d’être ici au milieu d’occitanistes de différentes sensibilités politiques, lui qui ne cache pas son appartenance au PS et remarque non sans humour que les divisions au sein du PS sont pires que dans les partis de droite. Son bilan en tant qu’élu occitaniste est flatteur (plaques de rue biloingues, classe bilingue) mais la démarche du Manifeste qu’il a signé l’intéresse beaucoup. Jeròni qui jusqu’ici était ostracisé en raison de son appartenance au P.N.O boit du petit lait. Il nous verrait bien participer au festival « Escota e minja » à l’Isle Jourdain. Un maire d’une commune de 120 habitants intervient pour dire qu’il est temps que le peuple occitan relève la tête.

David explique que notre objectif c’est non seulement d’avoir des élus mais encore des délégations et des moyens financiers pour travailler. Le réseau doit faire monter les enchères : les candidats doivent être en position éligible et notre projet doit être mis en avant. A Perpignan par exemple, 30 % des spectacles doivent être en catalan. Nous devons avoir des exigences de ce type. Mais pour être identifiables, il nous faut trouver un nom avec du « nhac » et compréhensible par tous. Nous allons y réfléchir.

Une information : les 9 et 10 février au congrès du POC à Montauban, un débat sur le Manifeste, ouvert à tous, sera organisé. Peut-être l’occasion de les prendre au mot et d’y aller. Un Comité de pilotage a été créé dans le Gers. Reste à en créer un dans le Lot-et-Garonne. Nous allons nous y employer et nous espérons bien que les culturels et les membres du POC y viendront avec nous. Il y aura d’autres réunions. Ce serait bien si David Escarpit en organisait une dans la zone Langon-La Réole dès que possible. Une autre à Agen est envisageable avant ou pendant (mais en dehors bien sûr) le Comité National du P.N.O du mois d’avril...

Affaire à suivre.

JP Hilaire, 7 janvier 2013

 

 

Tag(s) : #Manifeste occitaniste