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  Le PNO à La Dintrada le 16 septembre 2017

La 3ème édition de La Dintrada s’est déroulée à Narbonne le 16 septembre 2017, à l’initiative de la revue Occitania organe de presse du Partit Occitan et de Convergéncia Narbonesa, avec l’aide de l’Alliance Libre Européenne et le Soutien du Parlement Européen. Des militants du PNO ont tout naturellement participé à cette rencontre.

Un  comité de pilotage composé de Radio Lengadoc, Jornalet, Radio Occitania, TéVéOc et La Setmana appelait sans exclusive les occitanistes à venir échanger leurs points de vue sur 3 sujets :

  • L’Occitanie est-elle multiculturelle ?
  • Les enjeux du numérique.
  • Région « Occitanie » que faisons-nous ?      

Dans les discours introductifs à cette journée de réflexion certains propos sont à retenir :

De Hugues Jourde du Partit Occitan pour qui « Nous sommes ici parce que nous croyons qu’en tant qu’occitans d’origine ou d’adoption nous avons une communauté de destin » … le Partit Occitan deviendrait-il un peu plus nationaliste ? Ce serait une bonne nouvelle …

De Didier Mouly, Maire UDI de Narbonne depuis 2014 :

« Ce n’est pas parce que je ne parle pas occitan que je ne suis pas occitan …

Les mots occitan et Occitanie sont des leviers pour mettre en valeur notre patrimoine … Il n’y a pas assez d’élus occitanistes ... À Narbonne toutes les écoles ont sur leurs façades les drapeaux occitan, français et européen. »

Des paroles sincères que l’on aimerait entendre plus souvent chez des élus locaux de droite comme de gauche, quel que soit le parti auquel ils sont affiliés.  

De Jacky Grau « Depuis 2014 avec l’appui de la Mairie nous avons un local

- L’Ostal Occitan - pour toutes les associations occitanes du Narbonnais et nous avons pu ouvrir une 2ème Calandreta. ». Preuve s’il en fallait une que le travail paie.

Occitanie Multiculturelle ?

À la tribune Marius Blenet de Radio Lenga d’Òc souligna que selon lui « nous avons chacun une multiculturalité personnelle ».

Hugues Jourde proviseur d’un Collège en Albigeois a assisté à une cérémonie d’acquisition de la nationalité française par la préfecture du Tarn. À son avis nous devrions « faire pareil pour les nouveaux arrivants en Occitanie ».

Pour Marie Pierre Vernhièiras, regenta de Calandreta « malgré le fait que les parents mettent leurs enfants à Calandreta pour d’autres raisons que l’intérêt pour la langue. Ceux-ci acquièrent une ouverture aux autres langues grâce à l’occitan. La culture occitane est fondamentalement multiculturelle comme toutes les autres cultures ».

La différence fondamentale entre l’occitan et d’autres langues, est cependant que certaines autres langues et cultures ont un État ou une structure autonome qui leur permet de gérer ce multiculturalisme et de faire de la langue indigène un facteur d’intégration à la société.

Nombre d’étrangers d’où qu’ils viennent arrivent chez nous comme en pays acquis à la langue dominante le français. Il en est d’autres pas assez nombreux qui comme Gisèle Naconaski brésilienne d’origine polonaise ont choisi de faire de l’Occitanie son pays et de l’occitan sa langue à égalité avec le portugais.

La dernière intervention à la tribune fut celle de la québécoise Sabine Choquet chercheuse spécialiste du multiculturalisme.

« Le multiculturalisme est la coexistence de plusieurs cultures dans un pays ou État, ce n’est pas le communautarisme.

Le multiculturalisme est un courant philosophique qui amène à reconnaitre, à égalité le droit à l’expression de toutes les langues, de toutes les cultures et de toutes les religions.

Dans les années 1980 le Canada avec Pierre Elliott Trudeau a choisi de tenter de valoriser la diversité culturelle issue de l’immigration ce qui a provoqué un tollé de la part des Amérindiens et des francophones du Québec ».

Elle nous invite à regarder du côté de Suisse qui a choisi la consociation qui consiste en : 

1) La reconnaissance d'une autonomie aux différents groupes constitutifs de la société

2) La coopération permanente des élites des différentes cultures constitutives au niveau étatique. Ce second principe vient équilibrer le premier en permettant d'éviter les risques de fractionnements exclusifs. Les dirigeants organisent ainsi ensemble la politique nationale.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Consociation

Certains aspects de la Consociation ressemblent à l’Ethnisme tel que le préconise le PNO.

Lors du débat, plusieurs voix s’élevèrent dont celle de David Grosclaude pour préciser à raison que sous couvert de multiculturalisme il ne faudrait pas tomber dans le piège du discours qui consisterait à dire d’apprendre l’occitan pour mieux apprendre le français. De même les langues issues de l’immigration n’ont pas à être sur le même pied d’égalité que celles des peuples colonisés de l’État français. Elles ont des États pour les défendre.  

Les enjeux du numérique

Force est de constater que si l’occitan n’est pas aussi présent que nous le désirerions dans la vie de tous les jours, il l’est beaucoup plus dans l’espace numérique.

Le second débat a réuni à la tribune Aura Séguier du Congrès de La lenga Occitana, Stéphane Valentin d’OC Telé, Mélanie Larcher de l’Institut Occitan,  Benjamin Assié du Cirdoc, Lisa Gros de TéVéOc et Ferriol Massip de Jornalet.

Il a montré de manière réconfortante que toutes ces entités travaillent ensemble au quotidien pour le présent et l’avenir de la langue occitane auprès de tous les publics possible.

Gael Tabarly du Partit Occitan démontra que le succès de la mobilisation autour de la grève de la faim de David Grosclaude en 2015 pour obtenir la création de l’Office Public de la Langue Occitane (OPLO) n’avait été possible que grâce au numérique et à une petite équipe décidée, qui savait s’en servir.

Région « Occitanie » que Fasèm ?

Plus d’un an après, les tensions sont encore vives entre ceux qui se réjouissent que le nom d’Occitanie soit enfin apparu sur la carte du monde, même si cela n’englobe pas toutes les régions occitanes et ceux qui se sont sentis trahis par la décision des ex Conseils régionaux Languedoc Roussillon et Midi Pyrénées du 24 juin 2016 entérinée par le Conseil d’État français.

Que la Région s’appelle Occitanie ou pas les intervenants à la tribune ou dans la salle constataient l’inefficacité de l’OPLO à rendre l’occitan plus présent dans le domaine public aussi bien en région « Occitanie » que dans les autres territoires occitans.

Il fut aussi souligné ce paradoxe qu’au moment de la mobilisation du printemps 2016, aucune organisation culturelle ou politique occitaniste ne proposa l’écriture du nom de la région dans la langue du pays soit Occitania.       

Pour Lorena Lacalle élue indépendantiste venue d’Euzkadi sud, les 2 mots clés sont Démocratie et Liberté, l’Indépendance viendra après.

Elle pense que les occitans doivent se saisir du fait que la région Occitanie existe. C’est l’occasion de développer avec les autres régions occitanes la mémoire et la culture commune d’une manière civique, pacifique et démocratique.

Gèli Grande et Janine Cazes-Grande 

Dintrada 2017

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Tag(s) : #Tribune libre, #Actualités, #occitanie, #Dintrada