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De Gaulle et le Parti Nationaliste Occitan

Ce mois de juillet 2017 voit la commémoration de deux évènements importants dans l’histoire de L’État Français et par ricochet de l’Occitanie.

Il s’agit du 55eme anniversaire de l’indépendance algérienne et du cinquantenaire d’une petite phrase qui a fait beaucoup de bruit : « Vive le Québec Libre ».

Au centre de ces deux évènements un même homme le général De Gaulle.     

Lorsque le Parti Nationaliste Occitan (P.N.O.) a été créé en 1959 par François Fontan, l’État français affrontait depuis 5 ans en Algérie une lutte de libération nationale menée conjointement par les arabes et les berbères au sein du Front de Libération Nationale (FLN).

Un des premiers actes politiques concret du tout jeune PNO fût de soutenir le FLN en participant activement au réseau Jeanson qui opéra principalement en collectant et en transportant des valises de fonds et de faux papiers. Ceci valut à F.Fontan et à J.Ressaire, un petit séjour en prison.

 

Pendant ce temps-là, l’occitanisme de l’époque se contentait de suivre la position attentiste du Parti Communiste Français (PCF) qui ne réclamait que « La paix en Algérie », ce qui n’avait rien à voir avec l’indépendance. Rappelons que le PCF fût pour l’indépendance seulement 6 mois avant.      

Quand le général De Gaulle décida le 19 mars 1962 de signer les accords d’Évian et de les soumettre à référendum le 1er juillet suivant, le PNO ne pût qu’approuver une telle décision qui amena l’indépendance effective de l’Algérie dès le 5 juillet … il y a maintenant 55 ans.

Bien avant l’indépendance de l’Algérie, le PNO disait à qui voulait l’entendre qu’une fois la décolonisation acquise un des problèmes récurrents du nouveau pays serait le rapport entre la majorité arabe et la minorité berbère. Force est de constater que le PNO avait raison.      

La fin du conflit algérien fût un immense soulagement pour des milliers de familles de soldats dans tout l’Hexagone. Elles virent rentrer sains et (presque) saufs au pays des appelés qui ne se sentaient pas concernés par une guerre qui ne voulait pas dire son nom et que l’on désignait pudiquement sous le nom « d’évènements d’Algérie ».

La non préparation à l’idée d’indépendance tant du côté de l’administration française que de la population européenne d’Algérie amena un exode massif de cette dernière durant l’été 1962. Bon nombre de ces rapatriés arrivèrent en Occitanie et s’y fixèrent durablement.

Un nombre non négligeable de familles d’européens d’Algérie était d’origine occitane. Ce fût pour elles un retour au pays deux ou trois générations après en être parties. À de très rares exceptions près, cela ne s’accompagna pas d’une réappropriation de la langue et de la culture ancestrales. Bien au contraire elles aggravèrent souvent la situation en faveur du seul français.

Cinq ans après la fin du conflit Algérien, le 24 juillet 1967, lors d’un voyage officiel au Canada le général de Gaulle lança un tonitruant « Vive le Québec Libre » depuis le balcon de la mairie de Montréal, la principale ville du Québec.

Là aussi au nom du principe ethniste qui guide son action inter-nationaliste en faveur du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, le PNO approuva chaleureusement les propos de De Gaulle. Tout comme il l’approuvait lorsqu’il tenait tête au géant Américain au sein de l’OTAN.

Un an après en 1968 était créé l’office Franco-Québécois pour la jeunesse qui permet au gouvernement autonome du Québec de faire sa publicité dans tous les territoires de l’État français.

Cet office permet des échanges dans la même langue entre la jeunesse québécoise et la jeunesse française. Il est fait abstraction qu’une partie importante de cette jeunesse soit disant française n’a pas ou très peu accès aux cultures Alsacienne, basque, bretonne, catalane, flamande ou occitane qui furent celles de leurs grands-parents et arrières grands parents et dont le système scolaire français les priva.

Le Québec grâce à l’aide de l’État français renforce le côté ethniquement et culturellement français de sa population en offrant des emplois aux « francophones » plus ou moins naturels venus de l’hexagone.      

Avec le recul historique je pense que par certains côtés de Gaulle était un ethniste qui s’ignorait. En effet comment ne pas voir de l’ethnisme dans les trois faits suivants ?

1. Au sortir de la 2ème guerre mondiale De Gaulle avait compris avant tous les autres hommes politiques français, que l’empire colonial français en Afrique et en Asie du Sud-Est ne résisterait pas longtemps aux aspirations des peuples à reprendre en main leur destin.

2. Lorsqu’il revint au pouvoir en mai 1958, malgré le « Je vous ai compris » lancé aux

pieds-noirs au balcon de la mairie d’Alger, De Gaulle savait déjà que l’Algérie était perdue. Il était le seul qui pouvait imposer une solution qui était celle de la raison et qu’attendait à la fois les peuples indigènes d’Algérie et l’opinion publique « française ».

3. Après avoir contribué à faire diminuer une grande partie de l’impérialisme français dans le monde il s’employa avec le Québec à renouer des contacts étroits avec un territoire ethniquement français et qui se revendique clairement comme tel en Amérique du Nord.        

Gèli GRANDE

Juillet 2017    

Le Parti Nationaliste Occitan et le Gaullisme
Tag(s) : #Tribune libre