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BEN et l’ethnisme
BEN VAUTIER est un artiste mondialement connu, installé à Nice.
Il a rencontré François Fontan en 1958, peu de temps avant que ce dernier ne fonde en 1959 le PNO, qui s’appela jusqu’en 2004 Partit Nacionalista Occitan.
BEN est un ami de toujours du PNO. Il se définit lui-même comme ethniste.
Depuis sa rencontre avec Fontan, BEN a toujours écrit sur les ethnies, les peuples et la politique internationale.
BEN doute et c’est tout à son honneur. Pour se débarrasser de ses doutes, il ne voit qu’une solution la bonne vieille méthode des questions-réponses.
BEN s’adresse au PNO, ainsi qu’à toutes celles et ceux qui s’interrogent sur le devenir de la planète et des humains qui l’habitent. Il le fait à partir de 35 questions toutes aussi pertinentes les unes que les autres, qu’il aurait aimé poser aussi à François Fontan (si celui-ci était encore de ce monde). Nous publions aujourd’hui les réponses du PNO aux 11 premières questions.

http://ethnisme.ben-vautier.com

http://ethnisme.benvautier.com/analyses/conflits_old/imperialismes.html

Question 1

Pour éviter des conflits après la deuxième guerre mondiale, il fut décidé qu'on ne toucherait pas à l'intégrité des États-nations c'est-à-dire à leurs frontières. Est-ce que cela fut une bonne chose ou une erreur ? N'aurait-il pas été préférable de proposer un droit à l'autodétermination par référendum de toute population linguistique sur son territoire ?

Pour prendre l’exemple de l’Europe en 1945, on peut dire que cela a été l’occasion rêvée pour les impérialismes anglais, français et russe de punir durablement l’Allemagne.

On préféra priver l’État allemand d’une partie de son territoire – la Silésie et la Poméranie – et le diviser en deux États au lieu de lui imposer des dommages de guerre qui par rapport à celle de 1914-1918 auraient été nettement plus justifiés.

Cela permit à Staline, un Géorgien au service de l’impérialisme russe de procéder à sa guise à des glissements de territoires et de populations. Les Russes poussant les Ukrainiens, qui poussaient les Polonais, qui poussaient les Allemands de Silésie et les Néerlandais de Poméranie le tout vers l’ouest et l’on fixa la nouvelle frontière de l’État allemand sur la ligne Oder-Neisse.

Pour compléter, le tout jeune État-nation tchécoslovaque vida les Sudètes de sa population allemande. Néerlandais de Poméranie, Allemands de Silésie et des Sudètes étaient là depuis au bas mot entre 8 siècles et 1 millénaire.

En 1938 personne ne mit le couteau sous la gorge des Allemands d’Autriche pour leur faire approuver par référendum le rattachement à l’Allemagne, que la population appelait de ses vœux depuis la moitié du 19ème siècle et que seules les élites politiques de ce pays refusaient.

Le fait que le régime nazi ait été monstrueusement criminel envers les populations non allemandes d’Europe, ne doit pas occulter le côté positif de la décision populaire autrichienne.

Si le résultat de ce référendum avait été respecté l’Autriche n’existerait plus sur la scène internationale et l’Allemagne réunifiée d’après 1989 y aurait gagné quelques Länder de plus. S’il y avait eu un référendum, Poméraniens, Silésiens et Sudètes n’auraient jamais accepté le nettoyage ethnique dont ils ont été l’objet.

Alors oui dans l’absolu il aurait été préférable de proposer un droit à l’autodétermination par référendum à toute population linguistique sur son territoire.

Sauf que dans la pratique certains peuples comme les Occitans de l’État français ou les Néerlandais du nord de l’Allemagne auraient à l’époque exprimé leur peu d’intérêt pour assurer un avenir viable à leur langue et à leur culture et le remède aurait été peut-être pire que le mal. Aujourd’hui en Occitanie ce serait différent.

Question subsidiaire : qui détermine le territoire linguistique concerné ? Car dans le cas basque ou breton le territoire politiquement revendiqué ne coïncide pas avec l’aire linguistique réelle de ces peuples (Bayonne-Anglet et le Sud de la Navarre pour les Basques, Le Pays Gallo pour les Bretons).

Question 2

Nous sommes d'accord sur le fait que les langues et cultures existent et aussi leur droit imprescriptible à l'autonomie mais la refonte des frontières étatiques, comme le proposait François Fontan, est-elle un passage obligatoire ?

C’est en premier lieu aux peuples à décider de leur sort : si un peuple se dote d’un mouvement politique d’émancipation nationale qui demande clairement la création d’un État sur le territoire où il est indigène et que ce mouvement devient majoritaire dans l’opinion publique du peuple concerné, oui la refonte des frontières étatiques doit être acceptée par la communauté internationale. Par contre, si d’autres peuples ne le souhaitent pas, la refonte des frontières étatiques ne doit pas être imposée.

Ne peut-on pas concevoir une situation de libération des peuples à l'intérieur des frontières actuelles à partir d'accords internationaux pris dans le cadre de regroupement des États-nations (fédération Europe etc.) et par la réalisation d'une charte des droits des peuples etc. ?

C’est ce qui existe déjà dans des État fortement fédéralisés comme la Suisse, le Canada et l’Inde.

Les 4 langues de Suisse ont un statut officiel.

Au Canada, le Québec jouit d’une autonomie très large et la loi 101 protège le français.

Le Nunavut inuit a été reconnu il y a 10 ans au sein de la confédération canadienne.

L’Inde a été découpée par Gandhi sur des bases linguistiques donc ethniques et grâce à cela l’Union indienne résiste bien malgré les coups de butoir de l’ultra nationalisme hindou et hindi du BJP.

Question 3

Que fait-on en ce qui concerne l'envie de retour de populations sur des territoires linguistiques qui leur appartenaient ? Est-elle légitime ? Qui décide ?

En Europe c’est le cas des Allemands des Sudètes et de Silésie, des Néerlandais de Poméranie, des Arméniens et des Grecs dans une partie de l’État turc.

Doit-on prendre en compte le fait que l’Andalousie a été peuplée de Berbères arabisés entre le 8ème et le 15ème siècle ?

Historiquement cette aspiration est légitime mais l’exemple des relations israélo - arabes montre que cela peut être porteur de risques de conflits sans fin.

Pour être accepté et réglé ces litiges devraient être portés devant la Cour internationale de Justice de La Haye.

Question 4

Si l'explication suivante : 90% de tous les conflits ethniques découlent de rapports de forces (impérialisme) entre nations (peuples et langues) la solution ne serait-elle pas l'observation stricte d’une charte des "droits de l'homme" qui prendraient en compte le droit des peuples ?

En théorie oui, mais certains peuples ou nations auront tendance à en faire une application à géométrie variable en fonction de leurs intérêts propres et des liens historiques qu’ils peuvent avoir avec certains peuples plutôt qu’avec d’autres.

Question 5

À quel moment décide-t-on si un peuple a le droit de revendiquer son autonomie face à une situation d'assimilation qu'il a subie et qui semble pour le dominant réussie ? Exemple : l'Occitanie doit-elle se considérer comme assimilée ?

Tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir. Il est vrai que pour le moment l’Occitanie est loin d’être occitaniste et qu’elle est en voie d’assimilation progressive à la France. La partie néerlandaise de l’État allemand est dans la même disposition d’esprit.

Comme déjà exprimé dans la réponse n° 2 c’est aux peuples et à leurs organisations culturelles et/ou politiques de décider de leur avenir.

Question 6

François Fontan semble avoir réalisé en 1962 une théorie arrêtée de la situation d'un monde composé de peuples et langues distincts œuvrant chacun pour leur survie. Il a nommé cette théorie "ethnisme". Ma question sera : 50 ans après cette vision arrêtée est-elle toujours valable ou est ce que la réalité de la mondialisation avec internet, transport, les flux migratoires, le communautarisme la rend caduque ?

Cette vision des choses reste plus que jamais valable. L’Occitanie et d’autres nations sans État cherchent à survivre malgré la France, l’Italie, l’Espagne ou autre et leurs États nationaux respectifs. La France elle-même avec son État essaie d’en faire autant par rapport aux nations qui ont le même statut juridique qu’elle.

Internet a été bénéfique à toutes les langues et les cultures quel que soit le poids démographique et le statut juridique de celles-ci.

Les moyens de transports rendus plus rapides et moins onéreux ont permis des voyages et des échanges culturels fructueux pour ceux qui ont bien voulu faire l’effort de comprendre la manière de penser de l’autre.

Les transports plus faciles ont aussi favorisé les flux migratoires. Ceux-ci peuvent être de plusieurs ordres. C’est la traduction concrète d’une certaine misère économique dans le pays de départ comme autrefois en Italie, en Espagne ou au Portugal etc.

C’est la mise en place d’une politique plus ou moins avouée de colonisation de peuplement. C’est le cas des Chinois au Tibet, des Italiens dans le Sud Tyrol allemand, des Français en Occitanie etc.

C’est enfin pour certains l’expression d’une certaine aisance économique qui leur permet d’acheter à peu près tout ce qu’ils veulent à n’importe quel endroit de la planète.

Une fois arrivé dans le pays d’accueil plusieurs cas sont possibles

Le groupe de migrants arrive à Tours. Il est en France. Il n’y aura aucun problème si la volonté des migrants est de devenir français. Leurs enfants le seront juridiquement puis culturellement, l’assimilation est en marche. Si la volonté des migrants est de rester entre eux et d’inculquer cet esprit là à leurs descendants, ceux-ci seront juridiquement du pays où ils sont nés et beaucoup moins culturellement. L’assimilation sera plus longue ou sera mal engagée.

Le groupe de migrants quelle que soit la catégorie 1), 2) ou 3) arrive à Kemper/Quimper ou l’identité bretonne est très forte. Pour eux – les migrants – ils sont en France. Les Bretons leur font comprendre qu’ils sont juridiquement en France mais qu’ils sont avant tout en Bretagne. Pour les migrants il y a 4 attitudes possibles.

Ils ne veulent être ni Français, ni Bretons

Ils veulent être Bretons et Français. Ex : le maire Togolais de St Coulis

Ils veulent devenir Bretons

Ils ne veulent être que Français et deviennent systématiquement anti-Bretons.

Le groupe de migrants quelle que soit la catégorie 1), 2) ou 3) arrive à Toulouse, à Bordeaux ou dans une ville de petite taille ou de taille moyenne où la conscience occitane est très faible. Pour eux ils sont en France.

Les migrants de la catégorie 1) par souci d’assimilation apprennent le français et le parlent avec l’accent occitan. Pour eux l’assimilation passe par l’adhésion aux valeurs du pouvoir central. Ils deviennent de bons jacobins et dans 20 ou 30 ans ils formeront le gros des troupes des héritiers du Front National de l’époque.

Ceux de la catégorie 2) profitent du privilège accordé au français. Ils ne voient pas l’intérêt d’apprendre la langue du pays d’autant que la population indigène la parle de moins en moins. Quand bien même la parlerait-elle, très peu d’entre eux feraient l’effort de l’apprendre et de la parler.

À de très rares exceptions près, ceux de la catégorie 3) confortent la domination de la langue officielle tout en continuant à parler la leur.

Question 7

L'usage de l’anglais ! Pourquoi l'anglais gagne t-il du terrain sur les autres langues ? Est-ce parce que l'espèce humaine sent la nécessité d'une ou de plusieurs langues de communication internationale ?

C’est un fait que depuis très longtemps une partie de l’Humanité rêve du recours à une langue unique ou universelle qui réglerait tous les problèmes de compréhension entre tous les peuples. Sauf que derrière cette trop belle utopie se cache souvent la justification de tous les impérialismes au prétexte de toutes les meilleures missions civilisatrices du monde.

Le monde est et sera linguistiquement et culturellement divers, il faut l’accepter une bonne fois pour toutes. Ceci dit entre la situation ou chacun ne parlerait que sa langue et celle où l’une d’entre elles effaceraient toutes les autres, des solutions intermédiaires peuvent et doivent être trouvées.

Les petits peuples d’Europe du Nord, qui ont un État pour défendre leur langue nationale l’ont compris. Ils pratiquent très tôt et très intelligemment le bilinguisme langue nationale - anglais. Les peuples slaves grâce au russe et à l’allemand et les peuples latins grâce à l’espagnol ou au français pourraient trouver une certaine concordance dans le respect de chacune des cultures de ces 2 groupes.

Que les Slaves et les Latins communiquent en anglais c’est concevable. Ce qui est regrettable c’est qu’une tendance se fait jour qui voit des Slaves entre eux ou des latins entre eux s’exprimer en anglais et uniquement ou dans une forme abâtardie de l’anglais, le Globish, en vogue dans les instances européennes.

Est-ce parce que c'est une langue qui s'impose d'elle-même parce que pratique etc. ou bien s'impose t-elle parce qu'accompagnée d'une puissance militaire ? Si c'est la dernière option qui prévaut, l'anglais ne représente t-il pas une facette de l'impérialisme ? Faut-il combattre l'Anglais ou être pragmatique et se dire : on n'y peut rien il faut laisser faire ?

Arrêtons de gloser béatement sur le côté pratique de l’anglais et sur sa facilité. Ceux dont la langue maternelle n’est pas l’anglais mais qui l’ont appris sérieusement savent que, contrairement aux idées reçues, il s’agit d’une langue très difficile jouant sur plusieurs registres de discours et au lexique considérablement plus étendu que la plupart des langues du monde que l’usage systématique de préfixes, de suffixes et de particules adverbiales permet d’enrichir à l’infini. L’anglais comme toute langue est pratique et facile pour ceux qui le parlent naturellement et pour ceux qui veulent faire l’effort de l’apprendre et d’en digérer le système de pensée qui en découle.
L’anglais s’est imposé en Europe à la suite de la 2ème guerre mondiale et de l’intervention américaine pour abattre le régime nazi. Depuis plus de 60 ans il a conquis les esprits mais il n’a pas conquis les cerveaux. Pour de nombreux Européens la connaissance de l’anglais reste assez rudimentaire (surtout en Europe du Sud, moins en Europe du Nord et du Centre). Elle est comparable à la connaissance du français que pouvaient avoir les Occitans ou les Bretons entre 1850 et 1900.

L’anglais est la facette linguistique de l’hégémonie économique anglo-saxonne sur le monde. C’est aux nations avec ou sans État de réagir et de proposer une alternative plus ou moins coordonnée à cette problématique là. De ce point de vue, la tentative de remplacer les langues hégémoniques par une langue artificielle comme l’espéranto a été un échec patent.

L’anglais est la langue de l’impérialisme le plus puissant, mais d’autres impérialismes agissent à visage plus ou moins découvert en se servant de leurs langues respectives. L’impérialisme parle aussi arabe, chinois, espagnol, français, russe etc. L’anglais qui a progressé au même rythme que la mondialisation n’est après tout que la langue des élites politiques et commerciales de la planète, ce qui ne représente que seulement 10 % de la population mondiale. Par ailleurs, la connaissance des grandes langues de communication n’empêche pas de continuer à parler la langue ethnique.

Question 8 (Démographie et territoire)

Que fait-on en ce qui concerne les territoires sous-peuplés et d'autres territoires surpeuplés ?

Il faudrait d’abord apprendre aux nations surpeuplées qu’il y a d’autres choix que le fatalisme religieux et la résignation à « la volonté divine ». Ce sont les hommes et les femmes qui procréent, pas Dieu ! Ceux-ci peuvent être croyants et faire moins d’enfants.

Exemple - surpopulation au Bengladesh et - sous population en Australie.
Y a t-il droit légitime d'immigration et si cette immigration était refusée est-ce une forme d'impérialisme ?

Le problème est à régler entre le Bengladesh et l’Australie, en tenant compte qu’un certain nombre de territoires doivent être légitimement laissés aux Aborigènes qui étaient là avant l’arrivée des Européens. L’Australie majoritairement anglophone peut aussi choisir de ne pas accueillir ces populations. Ce ne serait pas l’expression d’un quelconque impérialisme et en quoi le serait-ce ?

Enfin qui peut penser sérieusement que des millions de gens iront vivre dans le Bush australien, le désert de Gobi ou la froideur de la Sibérie ?

Question 9 (loi du plus fort)

Sommes-nous dans un monde qui est et sera toujours régi par la loi du plus fort ?

Malheureusement oui et cela n’est pas parti pour changer et ce malgré l’ONU et tous les organismes internationaux qui essaient de réguler les tensions entre les « gros », les « moyens » et les « petits ».

Et si cela est le cas les peuples faibles sont-ils voués à disparaître par la force des choses ?

Non les peuples dits faibles ne sont pas voués à disparaître

1 Ils peuvent choisir de se mettre sous la protection directe d’un très gros afin d’échapper à un autre petit plus gros qu’eux. C’est l’exemple des Abkhazes et des Ossètes appelant les Russes au secours contre les Géorgiens.

2 Ils peuvent devenir membres d’une fédération d’États-nation qui leur permettra de continuer à exister en tant que tels avec leur État moyennant un abandon de souveraineté dans certains domaines. C’est l’exemple de l’Estonie (de langue finnoise), de la Lettonie et de la Lituanie qui sont entrées dans l’Union Européenne pour échapper à l’influence russe.

3 Ils peuvent aussi faire déjà partie d’une fédération composée de morceaux d’autres nations. Exemple des Romanches de Suisse. Ou aspirer à former un jour une fédération avec d’autres « petits » peuples ou morceaux de peuples. C’était le « rêve » yougoslave de la fin du 19ème siècle. C’est le projet de Fédération Caucasienne, mais verra-t-il le jour ?

Et dans ce cas, si la force des choses représente l'impérialisme, c'est-à-dire la disparition du faible par le plus fort, n'y a t-il pas justification de la guerre même violente du plus faible pour survivre et du plus fort de le conquérir ?
Dans les cas extrêmes où certains petits peuples n’ont pas ou plus d’autre choix que celui de la violence contre l’État et le peuple étranger qui les oppriment, on doit admettre que le peuple dominé s’en prenne physiquement aux représentants de l’État dominateur et à la population étrangère au territoire de l’ethnie dominée qui y a été amenée pour assurer la domination démographique de l’ethnie qui dirige l’État dominateur.

Si demain les Tibétains prennent les armes et rejettent hors de leur pays les millions de Chinois qui s’y sont installés, pourra-t-on les en blâmer ? Reste que vu le rapport des forces en présence et en l’absence probable d’engagement de la communauté internationale aux côtés des Tibétains, cela est peu probable. Peut-on blâmer les Canaques d’avoir mis un coup d’arrêt violent en 1988 à la colonisation de peuplement qu’ils subissaient ?

Question 10

Dans la mesure où la situation humaine sur terre est composée de milliers d'engrenages de dynamiques de survie : nations - langues - cultures - climat - économie - argent - flux migratoires-, pétrole - armement - la puissance nucléaire, Mafia - Camorra -etc. tous reliés entre eux, (les dents des engrenages des uns entrant dans les dents des engrenages de l'autre) ma question sera : cette situation d'engrenages ne rend elle pas les situations de guerre inévitables ? Exemple : Le génocide au Rwanda, engrenage de survie de l'ethnie française.

Les guerres sont rendues inévitables quand de part et d’autre, toutes les issues sont fermées à une discussion possible. Chaque partie va au conflit avec l’espoir de sortir de la crise en position de force ou dans une position meilleure que la précédente dans le cas du dominé.

Dans le cas des massacres des Tutsis par les Hutus au Rwanda, l’armée de l’ethnie française n’a fait que donner un gros coup de main et couvrir les exactions des uns contre d’autres qui étaient de la même ethnie. La communauté internationale et ses organismes comme l’ONU, l’UE, l’OTAN etc. si elle n’arrive pas à prévenir les guerres et les conflits, a vocation à jouer les pompiers avec plus ou moins de succès comme dans l’ex-Yougoslavie dans les années 90 (Bosnie, Kosovo etc.) et au plus récemment en Afghanistan et au Darfour. Sa capacité d’intervention que l’on pourra juger limitée est le reflet d’un monde divisé. Le Nouvel Ordre Mondial dont on rêvait à l’issue de la Guerre du Golfe en 1991 n’est pas encore pour demain.

Question 11

En ce qui concerne la situation des peuples présents aujourd'hui sur le territoire hexagonal de l'État-nation France, bien qu'il manque des statistiques pour tirer des conclusions précises, la question que je me pose est : vu leur poids démographique et si nous acceptons le point de vue de François Fontan que tout peuple ou partie de peuple a le droit de gérer son destin culturel sur son territoire linguistique, un jour prochain sera t-il ou pas légitime de considérer une revendication territoriale de la communauté arabe ou berbère d'une partie du territoire de l'hexagone comme légitime ?

Depuis un siècle et demi que la France en tant qu’État est un pays d’immigration, les vagues successives de celle-ci ont toutes plus ou moins abouties à une assimilation de fait au bout de quelques générations.

La proximité linguistique pour les latins (Catalans, Espagnols, Italiens, Portugais) et religieuse en plus pour d’autres (Arméniens, Polonais) a fortement aidé à cette assimilation.

La force des institutions politiques françaises a aussi permis (jusqu’à très récemment) que ne se constituent pas (de fait) des ghettos territoriaux ethno - linguistiques.

Avec la communauté arabe (et/ou Berbère) le problème est un peu différent. Certes il y a le monothéisme qui pourrait nous rapprocher, mais le poids de l’histoire coloniale en Afrique du Nord est encore lourd dans la tête des immigrants aussi bien que dans celle des populations du pays d’accueil. Il y a de la méfiance réciproque accrue ces dernières années par la montée de l’islamisme radical.

Les Arabes et les Berbères ne sont pas autochtones en Occitanie ou en France. Ils constituent une des vagues d’immigration qui sont venues participer à la vie économique et sociale de ces deux pays. Il n’est pas concevable de leur accorder un territoire autonome dans le cadre de l’État français actuel ou dans un État occitan s’il voit le jour.

S’ils veulent devenir citoyens occitans, apprendre notre langue, être des ponts entre leur culture et la notre et permettre ainsi au pays de leurs ancêtres d’établir des relations bilatérales normales avec le notre, nous y sommes tout à fait favorables.

Concernant les Arméniens ou les Berbères installés chez nous, sachant que ces populations ont eu à subir dans le passé et encore aujourd’hui les conséquences de l’impérialisme turc pour les uns, arabe pour les autres, l’Occitanie indépendante s’honorerait en aidant les citoyens occitans d’origine arménienne ou berbère qui le désireraient à perpétuer la connaissance de leur langue ethnique par le biais de classes bilingues ou d’écoles de type Calandreta. Ce système éducatif pourrait aussi s’étendre aux Roms.

Gèli Grande et Jean-Pierre Hilaire

Carcassone : Ben au stand de la revue Lo Lugarn.

Carcassone : Ben au stand de la revue Lo Lugarn.

Tag(s) : #Tribune libre, #culture, #occitanie, #international