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Faut-il pleurer la mort de Fidel Castro ?

   Dans ma jeunesse généreuse, naïve et mal informée (il n’y avait pas Internet), Cuba était le paradis du socialisme en marche, le symbole qui montrait que la lutte contre l’impérialisme américain pouvait être victorieuse.

   À l’aube de mon engagement politique pour l’émancipation de l’Occitanie, dans ma période tiers-mondiste, je ne pouvais qu’approuver quand le chanteur occitan, Claude Marti louait Cuba dans sa chanson « Occitània saluda Cuba ». Je rêvais d’y aller. Les années ont passé et ces vieilles lunes sont loin derrière moi. J’ai découvert petit à petit derrière l’image d’Épinal, l’envers du décor.

   Certes Cuba a échappé aux griffes de l’impérialisme américain mais c’est pour mieux tomber dans celles de l’ours soviétique. Les élections libres promises au peuple sans qui Castro et ses camarades ne seraient jamais arrivés au pouvoir, n’ont jamais eu lieu comme c’est toujours le cas dans une dictature. Les opposants, loin d’être tous des suppôts des USA, ont été emprisonnés, torturés et exécutés ou dans le meilleur des cas exilés, la plupart en Floride chez l’ennemi de classe où ils ont constitué un lobby puissant pour maintenir l’embargo contre Cuba. Le régime de Castro est devenu un pion dans la guerre froide et a failli provoquer un affrontement nucléaire entre les USA et l’URSS.

   Castro malgré les discours était plus castriste qu’idéologue marxiste. Ne pouvant plus compter sur l’aide massive de l’URSS qui a fini par s’effondrer, il s’est tourné vers son ennemi héréditaire en autorisant le billet vert et une certaine ouverture économique vers le monde capitaliste. Puis miné par de graves problèmes de santé il a passé les rênes du pouvoir à son frère Raúl, non moins dictateur que lui. Le régime a déroulé le tapis rouge aux touristes nord-américains et du monde entier (des femmes cubaines diplômées pour certaines, ont vendu leurs charmes aux touristes pour améliorer l’ordinaire) mais il n’est pas pour autant devenu pluraliste et démocratique. Le niveau de vie de ses habitants est bien bas par apport à celui des voisins continentaux. Certes tous les Cubains sont couverts par le système de santé mais encore faudrait-il qu’il y ait suffisamment de médicaments et que les meilleurs médecins ne soient pas envoyés dans les pays amis en Amérique et en Afrique.

   Il est bien loin le temps chez nous des thuriféraires du régime castriste tels Jean-Paul Sartre et Régis Debray. Ce dernier fut bien mal inspiré de rejoindre le Che dans sa lamentable aventure en Bolivie où il comptait exporter la révolution et la plaquer sans tenir compte de la dimension ethnique indienne. Comment ne pas être atterré devant le spectacle de ces jeunes ou moins jeunes ignorants ou manipulés arborant des T-shirts à l’effigie de Che Guevara, compagnon de route puis adversaire de Fidel, celui-là même qui, en « bon » révolutionnaire n’hésitait pas à mettre la main à la pâte en exécutant lui-même les prisonniers contre-révolutionnaires.

   Non, je n’éprouve plus aucune sympathie pour ces pseudo-révolutionnaires sanguinaires morts ou vieillissants qui ont plus fait pour conforter l’impérialisme que le détruire.

   9 jours de deuil national pour la mort de Fidel Castro ? Il ne mérite même pas une journée. Il paraît que le communisme dont Castro aurait été une incarnation, n’est pas mort. Peut-être mais électoralement il n’est guère vivant chez nous comme chez nos voisins et franchement, je ne vais pas m’en plaindre.

JP Hilaire

mort de Fidel Castro

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Tag(s) : #Tribune libre, #Actualités, #international