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PRÉSIDENTIELLES 2017 : Pourquoi je n'irai pas voter

  Jusqu'ici je faisais l'effort de me déplacer pour voter Bayrou au premier tour, non pas pour ses idées économico-politiques, juste pour sa défense (et illustration) de notre langue... et aussi un peu pour son tracteur ! Cette fois-ci, j'en ai marre de m'entendre à longueur d'émission rebattre les oreilles des "valeurs de la république" comme si les jacobins étaient les seuls à réclamer liberté, égalité, fraternité, autrement dit tout ce dont la France nous prive.

  Oui, je suis contre l'élection du président de la république au suffrage universel car la constitution de la V° république est monarchique et je n'ai aucune raison de participer à cette comédie.

  Pourtant j'imagine mal nos jacobins élaborant une constitution réellement démocratique qui s'appuierait sur le peuple : il suffit de voir l'usage qu'ils ont fait du néologisme "populisme" pour comprendre dans quelle (piètre) estime ils tiennent celui dont ils tirent leur pouvoir.

  En guillotinant les girondins et autres fédéralistes, les jacobins ont fait le choix de conserver en l'aggravant l'impérialisme des capétiens, "ces rois qui ont fait la France". Ce pays, considéré à tort comme un "état-nation", ne peut exister en dehors d'un chef auquel il puisse s'identifier : dès que les tendances centrifuges se font jour, seul un "homme providentiel" peut tisser autour de sa personne une pseudo-unité "nationale".

  À ceux qui prétendent que la France ne se définit que par ses "valeurs" (en réalité une simple devise jamais appliquée dans les faits) en dehors de toute considération ethnique, je réponds que l'article 2 de la constitution renferme pourtant la définition ethnique de la nation française, tout entière contenue dans sa langue, d'où la crispation identitaire (comme on est on croit les autres) contre la charte européenne des langues minoritaires.

  C'est pourquoi, persuadé que la république jacobine ne pourra jamais se réformer, je m'enferme dans ce que Marcuse appelait le grand refus...

  Per ieu s'agisse de plus me fiar en l'estat francés e de preferir lai luchas localas emai sigo constrech de m'opausar ai varlets aparisenquits de l'imperialisme capeciano-jacobin. Tròup sovent elegits e fonccionaris de l'estat se dónon la man per limitar (ò empedir) las iniciativas localas, que vèngon dei particularis ò dei comunas. N'avem una fora de dever sempre baissar lai bralhas davant de bureucrates e teinocrates que son ren "sus lo terren" e que decídon despí lo sieu "taulier de trabalh" (non vos arrisetz !)...

  Pour moi il s’agit de ne plus faire confiance à l’État Français et de préférer les luttes locales car je suis contraint de m’opposer aux valets parisianisés de l’impérialisme capétiano-jacobin. Trop souvent élus et fonctionnaires de l’Etat se prêtent main forte pour limiter (ou empêcher) les initiatives locales, qu’elles viennent des particuliers ou des communes. Nous en avons marre de devoir toujours baisser les pantalons devant des bureaucrates et des technocrates qui ne sont pas « sur le terrain » et qui décident depuis leur « table de travail » (ne rigolez pas !)

  Se sieu pura constrech d'emplegar, mai que mai, lo patés parisenc per estre segur que m'acapísson, que s'agisse d'articles politics ò de vulgarisacieu istorica (veire lo Lugarn ensin que lo nôstre blòg Vitaluceram), li es un domani d'ont es que 'stao "drech en lai mieus bòtas" es aquel de la publicacieu dei mieus cercas istoricas e lingüisticas e sabo qu'aquò enmerda aquela intelligentsia aparisenquia. Pôlon ren suportar que de cercaires s'esprímon en una lenga diferenta, els que, de mai en mai, redegísson li sieus articles en inglés (li bei conasses, coma auria dich lo regretat Alan Pelhon).

  Si je suis contraint d’employer, de plus en plus, le patois parisien pour être sûr qu’on me comprenne, qu’il s’agisse d’articles politiques ou de vulgarisation historique (Voir Lo Lugarn ainsi que notre blog Vitaluceram), il y a un domaine ou je reste droit dans mes bottes c’est celui de la publication de mes recherches historiques et linguistiques et je sais que ça emmerde cette intelligentsia parisianisée. Ils ne supportent pas que des chercheurs s’expriment dans une langue différente, eux qui, de plus en plus, rédigent leurs articles en anglais (les beaux connards comme aurait dit le regretté Alan Pelhon)

  Se sieu ren acapit quora parlo de política es la causa de l'etnisme que patisse ; se li cercaires franceses son constrechs per me liéger de conóisser que l'occitan es pas plus malaisat d'acapir que las autras lengas forestieras que fan bus de mestrejar, son els que van patir fin finala, que, per ieu, m'en "bato la velhusa" ja que lo mieu avenior es darnier de ieu.

  Si je ne suis pas compris quand je parle de politique c’est la cause de l’ethnisme qui en souffre ; si les chercheurs français sont contraints pour me lire de reconnaître que l’occitan n’est pas plus difficile à comprendre que les autres langues étrangères qu’ils font mine de maîtriser, ce sont eux finalement qui vont souffrir, car moi je m’en fous, mon avenir est derrière moi.

  Tant que sieu elegit, ai ben l'intencieu de persegre de contunh lo mieu trabalh sensa minga mancança, mas, quora s'acaberà lo mieu mandat, laisserai la plaça a d'autres, pensant qu'aurai semenat quarquas granilhas ...

  Tant que je suis élu, j’ai bien l’intention de poursuivre mon travail sans cesse et ne rien manquer, mais quand s’achèvera mon mandat, je laisserai la place à d’autres en pensant que j’aurai semé quelques graines...

Bernat Fruchièr

Capture d'écran : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lection_pr%C3%A9sidentielle_fran%C3%A7aise_de_2017

Capture d'écran : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lection_pr%C3%A9sidentielle_fran%C3%A7aise_de_2017

Tag(s) : #Tribune libre, #Présidentielle 2017