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Éditorial  du N°119 de la revue Lo Lugarn

par Jean-Pierre Hilaire

Pour télécharger le numéro 119 c'est ICI

 

Identité occitane : pour une distinction entre nationalité et citoyenneté

À quelques mois de l’élection présidentielle et des élections législatives de 2017 dans la République française, il semble que le thème de l’identité sera central dans la campagne à droite comme à l’extrême droite et dans une moindre mesure à gauche.

Cela est dû à plusieurs facteurs : la montée de l’islamisme politique et la menace que représente Daech ou État islamique, commanditaire et maitre d’œuvre de divers attentats qui ont ensanglanté récemment l’État français.

L’identité française, symbolisée par la langue française (article 2 de la constitution), le drapeau tricolore, la « marseillaise » et  la devise « liberté, égalité, fraternité », s’incarne dans une République indivisible, laïque, démocratique et sociale,

Cette identité est menacée par une intégration des populations d’origine étrangère en panne et par les courants prosélytes et sectaires de l’islam politique qui en tirent profit, notamment les salafistes jihadistes.

Leur projet pleinement assumé est l’islamisation de la terre en général et de la société française en particulier.

L’objectif de Daech ou État islamique est le même mais par la violence et la terreur. Si cette identité française, qu’elle soit heureuse ou malheureuse, est menacée, c’est d’abord parce qu’elle est fragile et, à tort ou à raison, considérée comme menacée par l’afflux de migrants, conséquence de l’incapacité de l’Union européenne à contrôler les flux migratoires en provenance de l’Afrique ou de l’Asie.

C’est aussi parce que politiquement le patriotisme français, sous sa forme chauvine au Front National et dans une partie de la droite, est une réaction de défense ou alors il est conjoncturel lors d’évènements sportifs ou après les attentats.

Comme la France est historiquement et jusqu’à ce jour une construction artificielle visant à effacer les nations conquises, notamment l’Occitanie, ce patriotisme ne laisse aucun espace aux peuples de France autres que français.

Le Parti de la Nation Occitane, suivant les idées de son fondateur François Fontan, considère que l’identité ethnique prime sur l’identité religieuse que du reste tout le monde ne possède pas.

L’islam politique radical, lui, refuse le cadre  de la nation ethno-linguistique et ne se réfère qu’à « l’oumma » (communauté des croyants). Il s’exprime cependant en arabe, langue du Coran, et renforce l’impérialisme arabe.

Nous ne pouvons certes pas rejoindre le combat pour la défense de l’identité française dans la république une et indivisible. Mais cela ne nous dispense pas de réfléchir sur le discours politique à tenir à nos compatriotes occitans.

Le Parti de la Nation Occitane sait bien que la république dite française n’est ni une ni indivisible, car l’existence d’une langue, historiquement parlée sur un territoire donné, est l’indice de l’existence d’une nation.

Outre des Français proprement dits, la république englobe des Bretons, les Basques et les Catalans du Nord, les Alsaciens et Mosellans germanophones, les Flamands néerlandophones du Westhoek et les Corses.

Mais cette république ne reconnaît qu’une langue nationale, le français et un seul peuple, le peuple français. Elle ne distingue pas entre nationalité et citoyenneté comme le Canada par exemple.

En toute logique, en tant que Parti de la Nation Occitane qui revendique l’indépendance pour l’Occitanie et la création d’un État occitan, nous devons dire à nos compatriotes : « nous sommes Occitans, nous ne sommes pas Français » et corollaire : « nous n’avons pas les mêmes intérêts que les Français ».

Pour ce faire, peut-on compter sur un patriotisme occitan ? L’exemple de la consultation lancée par les médias de la nouvelle région Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon sur le nom à lui donner montre que « Occitanie » a été largement et démocratiquement choisi.

Nous n’entrerons pas ici dans le débat, légitime au demeurant, chez les militants occitans sur les avantages et les inconvénients d’un tel choix, nous rappelons toutefois que nous avions pris position pour « Occitanie Centrale ». (3)

Ce choix doit encore être entériné par le gouvernement après avis du Conseil d’État.

Ce choix est bien un choix patriotique d’Occitans dont la majorité ne parle probablement pas occitan et dont beaucoup ignorent probablement la véritable étendue de l’Occitanie.

Il prouve que les Occitans de cette région sont peut-être moins aliénés qu’on pouvait le croire.

Ce constat fait, la question est de savoir s’ils se sentent principalement Occitans et accessoirement (ou pas du tout) Français, ou l’inverse, et éventuellement aussi Européens. Il est courant d’entendre parler d’identité multiple, ce qui permet d’éviter un choix épineux. Nous ne pouvons cependant esquiver la question : qui sera Occitan dans une future république fédérale occitane ?

Le Parti de la Nation Occitane propose que soient Occitans bien sûr ceux qui sont nés en Occitanie ou dans l’émigration occitane mais également ceux qui viennent d’ailleurs, adoptent le mode de vie occitan, désirent apprendre la langue et partager la culture occitanes et respectent les valeurs de la civilisation occitane : « paratge », « convivéncia » et égalité entre hommes et femmes.

Il ne pourra y avoir d’un côté les Occitans et de l’autre, les chrétiens, les juifs, les musulmans, les bouddhistes et les athées. Ce qui réunira les gens c’est leur occitanité quelle que soit leur appartenance religieuse, philosophique ou politique.

Beaucoup, en Occitanie, et en particulier en Languedoc et en Provence, ont abandonné  leur identité occitane, leur culture et leur langue et se sont tournés vers le Front National.

Ce faisant, ils apportent de manière chauvine leur soutien à une nation qui n’est pas la leur et dont l’impérialisme les opprime.

En Catalogne Nord, même les responsables du Front National se disent « Français (d’abord) et (ensuite) Catalans ». Encore un effort et les peuples non-Français de la République diront d’abord ce qu’ils sont et ensuite seulement se diront Français. Ce serait déjà un progrès.

Lorsque tous les Occitans diront qu’ils sont Occitans d’abord, ils auront fait un pas important vers l’émancipation de l’Occitanie.

Dans l’immédiat, le Parti de la Nation Occitane exige que l’on fasse une distinction entre nationalité et citoyenneté pour pouvoir affirmer l’identité ethnique occitane.

Voilà un axe de campagne pour un candidat des peuples de France à l’élection présidentielle. Il pourrait et devrait relever ce défi.

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Lo Lugarn 119

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