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Réflexions  forcément schématiques à partir de l’événement tragique :

Nissa macada (1)

Qu’avons-nous à dire, nous du Parti de la Nation Occitane, sur la tragédie qui vient de se dérouler à Nice, ville occitane ?

L’Occitanie est une fois de plus frappée par le terrorisme islamique après Toulouse en 2012, Nissa la bella en est victime pour la deuxième fois.

Mais l’attaque du 14 juillet sur la Promenade des Anglais est un véritable carnage perpétré non par un « fou furieux » mais par quelqu’un qui avait prémédité son acte. Même si c’est banal, nous pensons d’abord avec chagrin et colère aux victimes et à leurs familles. Devant un tel massacre, les convictions politiques doivent passer au second plan. Nous laisserons les experts compétents ou croyant l’être, débattre de l’échec que représente tout attentat et d’approuver ou de vilipender les mesures mises en place par le gouvernement de la République française.

Que cet attentat ait été commandité par Daech, qui l’a tardivement revendiqué, ou, ce qui est moins probable, soit l’œuvre d’un « loup solitaire », que son auteur, un citoyen tunisien musulman soit un islamiste de fraiche date, qu’il ait eu des complices ou non, ne change rien au fait qu’une fois de plus l’irréparable est commis au nom d’une religion, l’Islam.

Les responsables de l’Islam en France et les autorités religieuses et politiques (c’est quelquefois la même chose) des pays musulmans sunnites et chiites ont condamné l’attentat mais dire que celui-ci n’a aucun rapport avec leur religion est une façon commode de botter en touche.

L’équation musulman = terroriste potentiel est bien sûr archi fausse. Néanmoins, la vision rigoriste de l’Islam propagée et financée par l’Arabie Saoudite est parfois une source d’inspiration pour les apprentis djihadistes dans les mosquées salafistes ou plus souvent dans les réseaux sociaux. Pour autant, tous les salafistes ne prônent pas la violence et les salafistes ne sont pas le seul courant de pensée dans l’Islam. Le terrorisme islamiste ou comme certains l’appellent « l’islamofascisme » est multiforme et ancien. Il a des origines externes et internes.

Rappel historique

Loin d’être unie dans un seul État, la nation arabe est morcelée entre une multitude d’États plus ou moins artificiels et parfois multi-ethniques créés par les anciennes puissances coloniales que sont la Grande Bretagne et la France. Ces États ont eu du mal à faire coexister en leur sein minorités ethniques et minorités religieuses. Du temps de Saddam Hussein, les Sunnites exerçaient le pouvoir de manière dictatoriale au détriment des Chiites (2), des Kurdes et des Araméens. L’affrontement séculaire entre Sunnisme et Chiisme est une constante du monde arabo-musulman. La violence meurtrière de cette opposition n’a rien à envier à nos anciennes guerres de religion entre Catholiques et Protestants. Les Arabes sont majoritairement musulmans mais aussi minoritairement chrétiens. Par ailleurs, bien des pays musulmans ne sont pas arabes. L’Indonésie est le plus grand pays musulman au monde. L’Iran, principal bastion du chiisme dans le monde est majoritairement persan. Ce qui unit les pays de religion musulmane, c’est l’usage de la langue arabe dans laquelle est rédigé le Coran pour le culte, une langue sacralisée car censée être la parole directe d’Allah. Tous les pays musulmans sont exposés à ce qu’on peut considérer comme un impérialisme linguistique.

L’islamisme radical signe d’abord l’échec du nationalisme panarabe (3) prôné par Nasser et des tentatives d’union entre la Lybie et l’Egypte ou entre l’Égypte et la Syrie.

Le premier facteur externe de la naissance de l’islamisme radical a été la guerre menée contre l’armée soviétique d’occupation en Afghanistan par les islamistes financés et armés par les Américains dont l’aide devait favoriser plus tard la création d’Al Qaïda (4). On connaît la suite : attaques terroristes du 11 septembre 2001 aux U.S.A et intervention militaire américaine en Afghanistan.

L’intervention américaine en Irak (5) et la destruction du régime de Saddam Hussein ont donné le pouvoir aux Chiites mais ont aussi contribué à la naissance de Daech (6) ou État Islamique à partir des cadres au chômage de l‘ex régime et des Sunnites marginalisés. Al Qaïda (qui est passé au second plan depuis la mort de Ben Laden et l’apparition de Daech) et Daech ont des objectifs similaires (destruction de l’Occident et de son idéologie, islamisation de la planète et retour à un Islam des origines) mais des stratégies différentes : Daech veut former un État islamique qui est une restauration du califat à partir de la Syrie. Al Qaïda, maintenant surtout actif au Maghreb, en Libye, au Mali et dans les pays limitrophes a occupé une partie du Mali et l’aurait sans doute entièrement occupé sans l’intervention de l’armée française. (7)

Les origines internes à l’État français de l’islamisme radical remontent à une époque où les Arabes et les Berbères d’Afrique du Nord et les peuples islamisés de l’Afrique noire subsaharienne étaient des colonies de l’Empire français. L’indépendance de ces colonies dans les années 1960 n’a pas empêché des mouvements de population, pour des raisons économiques, vers la métropole anciennement coloniale. Les nouveaux-venus même s’ils ont gardé des liens avec leurs pays d’origine, ont eu tendance à rester et à s’intégrer avec plus ou moins de bonheur. Mais considérés avec suspicion par les autochtones, ils ont, petit à petit, ghettoïsé les banlieues des grandes villes et frappés par l’automatisation de leurs emplois faiblement qualifiés, se sont retrouvés au chômage. Leurs enfants auraient pu profiter de l’ascenseur social et s’intégrer grâce à l’école au monde du travail. Cela a été le cas pour certains mais d’autres issus de familles trop souvent monoparentales, se sont retrouvés en situation d’échec social et ont cédé aux sirènes de la délinquance et des trafics liés à l’économie souterraine ou plus récemment basculé dans le terrorisme islamiste.

L’affrontement sanglant entre le régime algérien, avec le soutien de la France, et les islamistes du FIS (Front islamique du Salut) (8) et plus tard du GIA (Groupe islamique armé) (9) qui a fait 100.000 morts au moins en l’espace de 20 ans a eu des retombées dans l’État français où des attentats ont importé le conflit et créé des ressentiments chez les maghrébins de France qui reprochaient le soutien de la France au régime algérien. Un autre facteur a été le soutien constant aux palestiniens, la dénonciation d’Israël comme État illégitime et un antisémitisme assez largement répandu chez certains musulmans de France et notamment des jeunes peu éduqués, y compris dans leur religion, en échec scolaire ou au chômage et proies faciles pour les caïds de la cité, pour les « barbus » salafistes ou pour les recruteurs des filières djihadistes vers la Syrie. La loi sur les signes religieux ostentatoires à l’école (10) et notamment la stricte réglementation du port du voile dans ses diverses variantes (11) a attisé le rejet de la citoyenneté française au profit d’une identité strictement musulmane.

Le salafisme en tant que courant de pensée ne débouche pas nécessairement sur l’appel à la violence mais il fait du lobbying en pays « haram » (12) pour que les musulmans obtiennent des droits qui sont en conflit avec la plupart des pays démocratiques. Par exemple, l’application de la charia qui doit prévaloir sur le droit du pays d’accueil pour les musulmans, l’acceptation de  comportements vis à vis des femmes qui vont à l’encontre du principe d’égalité entre hommes et femmes : imposition d’un code vestimentaire, heures de piscine réservées etc. Sur le plan alimentaire, les revendications peuvent aller jusqu’à l’exigence de menus halal. Tout ceci peut conduire à un repli communautaire et à l’impossibilité assumée de s’intégrer à une république de « mécréants ». Mais depuis plusieurs années, notamment 2012 et les tueries perpétrées par Mohamed Merah à Toulouse (13), Daech commandite des attentats sur le sol de l’État français avec au départ des objectifs ciblés : les juifs, Charlie Hebdo et maintenant depuis la tuerie du Bataclan et d’autres lieux parisiens en novembre 2015, la volonté de tuer le maximum de gens quelle que soit leur origine, leur religion ou leur absence de croyance. C’est le cas à Nice. En raison de son action militaire en Libye d’abord, puis au Mali, en Syrie et en Irak, la France est une des meilleures sources de combattants pour Daech, internationale de la terreur islamique surtout dans les banlieues des métropoles comme Paris, Toulouse, Nice mais aussi des villes de moindre importance, et une cible privilégiée pour la punir de son engagement militaire. Il y aura d’autres attentats avec d’autres modes opératoires et là où on ne s’y attend pas malgré les services de renseignement, les fiches S et les centres de « déradicalisation ». Au nom de l’efficacité, pour sauver des vies, il faudra quelque peu désacraliser les libertés individuelles de l’État de droit (14) et accepter qu’elles soient restreintes. Les slogans du type « même pas peur » ne sont plus de mise. Si la victoire militaire sur Daech en Irak et en Syrie et la disparition du « califat » sont à portée de main de la coalition internationale, on peut craindre le retour chez nous des jeunes partis en Syrie, aguerris et entrainés, prêts à commettre des attentats sur notre sol car tous ne pourront être repérés et neutralisés. La situation au Mali et dans le Sahara semble s’enliser et l’armée française va encore y rester longtemps. Elle ne facilite pas l’émancipation des Touaregs. L’Azawad (15) existe-t-il autrement que sur le papier ?

Faut-il pour autant se résigner à l’impuissance ? Est-il légitime d’intervenir militairement partout où cela semble nécessaire pour éradiquer l’islamisme et jusqu’à quand ? On peut raisonnablement avoir des doutes. N'oublions pas que l’État français n'intervient pas au Mali, au Niger ou ailleurs uniquement pour éradiquer l'Islamisme, mais aussi pour défendre ses intérêts économiques mis en cause par un Islam radical.

La situation dans nos banlieues

Des sommes colossales ont été investies par tous les gouvernements, de quelque tendance qu’ils soient, ces dernières décennies, dans les politiques urbaines et elles n’ont pas été sans effet contrairement à ce que l’on lit ici ou là. Ce serait réducteur de mettre toutes les banlieues dans le même sac et de les considérer comme « territoires perdus de la République» Bien sûr, il ne faut pas se voiler la face, il y a des quartiers un peu partout où l’économie souterraine prospère, où les pompiers n’acceptent d’aller qu’accompagnés de forces de police, où les jeunes et les moins jeunes n’ont aucune chance de trouver un emploi légal et pérenne mais des entrepreneurs ont aussi émergé des « quartiers sensibles » et pas seulement des footballeurs. La « diversité » comme on dit en politiquement correct se voit sur les chaines de télévision (sans doute grâce à une politique de discrimination positive) (16). L’intégration à notre mode de vie est possible pour qui le veut même s’il ne faut pas nier la persistance des discriminations au faciès et au lieu de résidence et les rapports tendus entre la police et la population.

L’objectif de Daech pour la France est de fomenter une guerre civile entre les musulmans et les autres qu’ils aient une religion ou non et qu’ils la pratiquent ou pas et de faciliter l’arrivée au pouvoir du Front National qui, pensent-ils, servirait leurs intérêts.

L’objectif des démocrates doit être de désaliéner ceux qui se sentent d’abord musulmans et n’adhèrent pas aux valeurs démocratiques. Cela passe par l’école où les enseignants ne doivent pas et ne peuvent pas renoncer à enseigner des sujets réputés sensibles comme la Shoah (17) par peur des réactions d’hostilité des élèves musulmans pour ne donner qu’un exemple. Cela passe aussi par le strict respect d’une laïcité bien comprise (18) surtout par les responsables religieux musulmans et leurs organisations et la dénonciation sans ambiguïté des atteintes à cette laïcité. La lutte sans merci contre l’économie souterraine (19) n’a de chance de succès que si des perspectives d’emploi existent réellement pour ces zones en déshérence. Cela passe par des relations apaisées entre les élus et les citoyens et aussi entre les forces de l’ordre et les citoyens.

Quid du patriotisme français, du respect du drapeau et des « valeurs de la république » ?

L’attentat de Nice a eu lieu un 14 juillet, jour de la fête nationale de la république française depuis 1790. C’est une république qui se veut une et indivisible, qui refuse toute reconnaissance officielle des nations autres que la française en son sein. Car ne l’oublions pas, le 14 juillet 1790 c’était la fête de la Fédération (20). Oui, la république aurait pu être fédérale et laisser l’autonomie aux « provinces réputées étrangères ». On connaît la suite. Le jacobinisme (21) a triomphé et continue d’être majoritaire dans les institutions et la classe politique de la république française. Les indépendantistes occitans font leurs les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité mais cette république, ses symboles, son drapeau, son hymne ne sont pas les nôtres. Notre nation occitane et son droit à l’autodétermination n’étant pas reconnus, nous restons par la force des choses citoyens de la république française. Nos compatriotes occitans ne sont que très peu conscients de leur identité ethnique même si cette conscience a progressé comme l’indique notamment le choix citoyen d’Occitanie pour nommer la nouvelle région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées.

Beaucoup d’Occitans désoccitanisés font dans la surenchère chauvine française comme identité de substitution et se tournent vers le Front National. Nous devons faire face à plusieurs défis : l’arrivée massive d’une population venue du Nord de la Loire qui ignore tout ou presque de l’identité occitane, ne s’y intéresse pas souvent, voire lui est hostile, la présence d’une importante population immigrée ou d’origine immigrée majoritairement musulmane, au moins de culture, et l’attractivité du Front National. Notre faible poids politique est dû à notre petit nombre de militants et d’élus. Or la question identitaire est centrale pour l’avenir de l’Occitanie. Ou nous réussissons en ayant un nombre significatif d’élus à mettre en avant un nationalisme d’inclusion (Français, Occitans et immigrés) comme les Écossais et les Catalans y ont réussi ou nous disparaitrons petit à petit. Cela implique pas seulement la participation aux élections mais la présence sur le terrain tous les jours : manifestations, marchés, évènements sportifs, médias, réseaux sociaux etc.

En attendant, nous pensons aux habitants de Nissa la bella, meurtris dans leur chair. Ils surmonteront cette épreuve.

Visca Nissa, Visca lo Comtat, Visca Occitània liura !

Le Parti de la Nation Occitane se réjouit de tenir bientôt son prochain Comité National dans la ville de Garibaldi devenue française en 1860 par tricherie. (22)

Jean-Pierre HILAIRE, 17/07/2016

  1. en occitan : Nice meurtrie
Daech, EI, Nissa, Nice.

Daech, EI, Nissa, Nice.

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